RDC: au moins 13 creuseurs artisanaux tués par des combattants de l'AFC/M23 au Sud-Kivu

Le massacre s’est produit le 24 mars dernier dans le carré minier de Karhembo, dans l’est de la RDC, où la société civile locale dénonce l’instauration d’un climat de terreur. Selon plusieurs témoins, les creuseurs ont été tués par balles alors qu’ils réclamaient le paiement d’au moins cinq mois d’arriérés de salaires.
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Selon les chiffres officiels, au moins 13 creuseurs congolais ont été tués le 24 mars dernier dans le carré minier de Karhembo, au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, par des combattants de l’AFC/M23.
Dans un communiqué, l’armée congolaise accuse aussi le groupe armé d’avoir perpétré le massacre, ce à quoi certains de ses proches ont répondu en dénonçant des affirmations « gratuites et non vérifiées ».
« Les rumeurs sont allées jusqu’à une cinquantaine de morts, mais nous n’en avons confirmé que 13 », indique pour sa part à RFI un habitant de Walungu, qui regrette que certains creuseurs aient été assimilés aux Wazalendo, des miliciens qui combattent aux côtés de l’armée régulière. « ils travaillaient pour le compte de l’AFC/M23 qui occupe la zone depuis bientôt une année et qui exploite l’or clandestinement dans cette zone », complète la même source.
De son côté, le baromètre sécuritaire du Kivu avance un bilan d’« au moins 40 morts et 14 blessés ».
Climat de terreur
Les creuseurs artisanaux ont été tués par balles alors qu’ils réclamaient le paiement d’au moins cinq mois d’arriérés de salaires, déclarent plusieurs témoins à RFI, précisant que les combattants de l’AFC/M23 leur ont tiré dessus après les avoir accusés de vouloir perturber la sécurité de la région.
À la suite de ce massacre, la société civile locale a dénoncé le climat de terreur qui règne dans le village minier de Karhembo et dans ses environs, signalant que, face à cette situation, les creuseurs ne fréquentent plus le site et que certains ont même préféré quitter leur village. « Seuls les combattants de l’AFC/M23 y ont afflué, accompagnés de quelques collaborateurs civils », affirme l’un de ses acteurs qui a requis l’anonymat.
Selon Didier Kabi, le porte-parole du gouvernement de la province du Sud-Kivu, les autorités congolaises suivent la situation de près.



