RDC: à Goma, RSF dénonce des enfermements de journalistes dans des «conditions atroces»

L’organisation Reporters sans frontières a publié mardi 24 mars une enquête sur les détentions de plusieurs civils et journalistes à l’intérieur de conteneurs, dans la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo Des actes fermement condamnés par l’ONG.
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Après s’être entretenue avec des civils, des journalistes et autres sources sur place, Haïfa Mzalouat, co-autrice du rapport, est en mesure de raconter que « des personnes se sont retrouvées entassées par dizaines dans des containers, sans lumière, sans aération, avec une seule sortie autorisée à l’aube pour que ces prisonniers puissent faire leur besoin ».
Selon l’enquêtrice de Reporters sans frontières (RSF), ces scènes de séquestration se sont déroulées à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu,sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Selon les témoignages recueillis, les personnes incarcérées « étaient nourries une ou deux fois par jour ».
Des « conditions atroces », souligne la journaliste, « qui pouvaient durer des jours, voire des semaines. » RSF a déclaré condamner fermement ces actes et rappelle que les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans crainte de représailles.
Contacté par RSF, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka réfute l’enfermement de journalistes dans des containers et affirme que la presse peut « circuler librement dans la zone ».
En échangeant avec des civils ainsi que des journalistes et diverses sources, on a pu constater que ces personnes se retrouvaient entassés par dizaines dans des containers, sans lumière, sans aération, avec une seule sortie autorisée à l’aube pour que ces prisonniers puissent faire leurs besoins. D’après les témoignages, ils n’étaient nourris qu’une fois, qu’une ou deux fois par jour. Et du coup, vous vivez vraiment dans des conditions atroces pendant plusieurs jours, voire des semaines. RSF condamne fermement cette séquestration. Ça va clairement à l’encontre des normes internationales relatives à la détention. On parle de prisonniers qui ont été privés de leurs droits les plus élémentaires, et il est plus que nécessaire de mettre fin à ces exactions pour que les journalistes puissent exercer leur métier d’information sans crainte de représailles. Et RSF est très vigilante et continuera à l’être pour pouvoir protéger ces journalistes.
Haïfa Mzalouat, co-autrice de l’enquête de RSF



