Projet de réforme constitutionnelle au Zimbabwe: le leader d'opposition Tendai Biti arrêté

Au Zimbabwe, la tension politique monte d’un cran. L’ancien ministre des Finances, désormais opposant Tendai Biti a été arrêté ce samedi, selon son organisation et des médias locaux. Également avocat de renom, Tendai Biti a pris la tête d’une fronde contre un projet de réforme constitutionnelle qui prévoit notamment la prolongation du mandat de l’actuel président Emmerson Mnangagwa et la fin du suffrage universel direct pour l’élection présidentielle.
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C’est au cours d’un rassemblement organisé à Mutare, dans l’Est du pays, que l’opposant Tendai Biti a été arrêté en compagnie d’autres militants et de journalistes, selon son mouvement, le Constitution Defenders Forum.
Il s’agit d’une plateforme citoyenne créée récemment par l’opposant pour mobiliser les Zimbabwéens contre un projet de réforme constitutionnelle lancé par le pouvoir en février et qui cristallise la colère de l’opposition et d’une partie de la société civile car il contient deux nouveautés de taille : la prolongation du mandat présidentiel de deux ans, soit jusqu’en 2030 et la fin du suffrage universel direct pour la présidentielle remplacé par simple vote du Parlement, l’actuelle assemblée étant largement dominée par le parti au pouvoir, la Zanu-PF.
Recul démocratique
L’opposition dénonce un recul démocratique et une manœuvre destinée selon elle à contourner la limitation des mandats car en l’état actuel de la Constitution, Emmerson Mnangagwa ne pourrait pas se représenter pour un troisième mandat après 2028.
Vu l’équilibre des forces, l’adoption de cette réforme aux deux tiers par le Parlement fait peu de doutes. D’où la fronde de l’opposition qui réclame a minima un référendum pour des changements aussi sensibles et importants.
Tendai Biti a déjà été arrêté à plusieurs reprises ces dernières années. La dernière fois brièvement en 2022, en pleine campagne électorale.
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