Procès du naufrage du ferry «Esther Miracle» au Gabon: le propriétaire du navire à la barre

Au Gabon, le procès du naufrage du ferry «Esther Miracle», qui avait coulé le 9 mars 2023 alors qu’il assurait la liaison entre Libreville et Port-Gentil, la capitale économique se poursuit. Hier jeudi, les juges ont longuement auditionné le propriétaire du navire.
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avec notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma
Seul à la barre devant ses juges, Blaise Armand Mbadinga s’est présenté comme un jeune entrepreneur prestataire de services auprès des compagnies pétrolières au Congo et au Gabon. L’acquisition du bateau lui a permis de transporter ses propres marchandises et celles de commerçantes alors que Port-Gentil était asphyxiée par les mesures contre le COVID.
« Vous êtes poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui », dit le juge.
« Le jour du naufrage, madame le Juge, j’avais moi-même embarqué dans le navire. J’ai été obligé de descendre parce que j’ai eu un billet d’avion à la dernière minute », a-t-il assuré.
« On vous accuse d’avoir créé un nouvel étage sur le bateau », ajoute le juge.
« Non, la hauteur et la longueur du bateau n’ont jamais été modifiées », affirme-t-il.
Les questions ont fusé sur l’expertise de la société qui a changé le moteur du bateau et augmenté le nombre de passager de 70 à 200. Des éléments qui ont nourri la plaidoirie des avocats des victimes. Pour mémoire, le bilan officiel du naufrage est de 34 morts, 7 disparus et 124 rescapés. Un deuil national de trois jours avait été décrété après le drame.
Les avocats des victimes ont plaidé accusant l’armateur de « mise en danger de la vie d’autrui » avant de réclamer d’importantes sommes d’argent en guise de dommages et intérêts, soit des sommes allant de 50 millions à 5 milliards de FCFA par personne.
Les avocats de la défense plaident ce vendredi 10 avril.



