Procès du général Philémon Yav Irung en RDC: un sms daté d'il y a quatre ans au cœur du dossier

En République démocratie du Congo (RDC), la Haute Cour militaire est à la recherche d’un texto qui établirait la collusion du lieutenant-général Philémon Yav avec l’armée rwandaise. La Haute Cour a requis l’expertise du Conseil national de cyberdéfense pour pénétrer les téléphones de l’ancien commandant de la troisième zone de Défense de l’armée, accusé de trahison. Il n’a cessé de clamer son innocence. Un témoin l’a même présenté comme la bête noire de l’armée rwandaise. Les juges cherchent à voir clair dans le dossier.
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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Au cœur du dossier figure un sms présumé daté d’il y a quatre ans. Selon le ministère public, il aurait été envoyé par l’un des chefs rwandais, James Kabarebe, et évoquerait un plan de déstabilisation de la RDC, un plan que chercherait à empêcher Peter Cirimwami, ancien gouverneur du Nord-Kivu.
Le problème, c’est que quatre ans après la saisie des téléphones du lieutenant-général Philémon Yav, l’auditorat militaire n’a toujours pas pu mettre la main sur ce fameux sms, car n’ayant toujours pas réussi à accéder au contenu des appareils. Et puis, Peter Cirimwami, seule personne censée l’avoir vu, est décédé, depuis plus d’un an.
L’accusation qui n’a alors jamais vu cet échange, suppose qu’il a été effacé par le prévenu durant l’enquête. L’Agence nationale de renseignement avait fait part de son incapacité à fouiller ces téléphones, évoquant la sophistication des appareils.
Désormais, c’est le Conseil national de cyberdéfense – service de renseignement rattaché à la présidence – qui tentera ses manœuvres, malgré les réserves de la défense. En effet, les avocats du général souhaitent désigner leur propre expert pour assister aux opérations. La Haute Cour militaire ne s’y oppose pas. Reste à savoir si la cyberdéfense l’admettra.
La prochaine audience est prévue le 12 mars, avec la comparution attendue de l’ex-chef de l’armée, Célestin Mbala, et d’autres généraux cités par la défense pour tenter de décharger Philémon Yav.
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