Présidentielle au Congo-Brazzaville: le bilan de Denis Sassou-Nguesso au cœur de la campagne

Au Congo-Brazzaville, l’élection présidentielle se tient dans une semaine, le 15 mars 2026. Denis Sassou-Nguesso, après déjà 41 années cumulées à la tête de la République du Congo, entend bien y rester pour un quinquennat supplémentaire. Dans sa feuille de route, le camp présidentiel affirme avoir posé ces dernières années les bases du développement économique qu’il promet aux Congolais. Les autres candidats, eux, plaident pour l’alternance.

Publié le : Modifié le :




3 min Temps de lecture

Alors que l’élection présidentielle se rapproche au Congo-Brazzaville, le bilan économique du président Denis Sassou-Nguesso est au cœur de la campagne. Son camp estime avoir posé les bases pour un développement économique.

Pour Anatole Collinet Makosso, porte-parole de campagne du président candidat et actuel chef du gouvernement Denis Sassou-Nguesso, les électeurs congolais savent qu’après la résilience, le temps de la relance est venu. « On a rétabli les équilibres macroéconomiques, on a créé des bases solides pour une relance, comme sur une rampe de lancement, explique-t-il. Nous avons donc fait le plus dur. Nous allons nous engager maintenant dans la mobilisation des ressources pour disposer les ressources additionnelles nous permettant de financer le social, de financer l’économie et le développement. »

Mais pour Destin Gavet, candidat du Mouvement républicain, qui se présente pour la première fois à l’élection présidentielle, le discours tenu par le camp présidentiel ne tient pas la route. « Quel est l’impact sur le panier de la ménagère ? Le peuple est toujours dans la pauvreté, dénonce-t-il. On ne peut pas pendant 41 ans tourner autour des mêmes slogans sans résultats probants alors que les Congolais ont besoin des solutions. »

« Aucune politique sérieuse de gestion des finances publiques »

Pour l’universitaire et candidat indépendant Vivien Romain Manangou, à la tête de la dynamique « Les Mécontents », sur le plan économique, « rien ne peut justifier » la réélection du président Sassou Nguesso. 

« La croissance ? Qui sera entre 2,3 et 2,6 % ? Tout le monde sait qu’une croissance de ce niveau dans un pays comme le Congo ne peut rien faire et tout le monde sait que cette croissance est tirée simplement par la vente du pétrole qui a été un peu meilleure que prévu, gronde-t-il. La dette a certes baissé, mais c’est la conséquence du profilage. Il n’y a eu aucune politique rigoureuse et sérieuse de gestion des finances publiques. Donc, moi, je ne sais pas de quel indicateur le gouvernement parle. »

Comme le candidat Uphrem Dave Mafoula, Vivien Romain Manangou plaide pour un débat contradictoire sur ces questions avant le scrutin.

Le camp présidentiel réagit aux critiques annonçant un « scrutin joué d’avance »

Une critique récurrente relayée par des membres de la société civile et de l’opposition affirme que la présidentielle du 15 mars est une « élection sans enjeu », « un simulacre », un scrutin « joué d’avance » à l’issue duquel Denis Sassou-Nguesso, sera immanquablement annoncé vainqueur.

Plusieurs partis ne présentent pas de candidat parce qu’ils estiment que les conditions d’une élection transparente ne sont pas réunies. Face à ces critiques, le directeur adjoint du cabinet de campagne du président-candidat, Anatole Collinet Makosso, renvoie les opposants à ce qu’il estime être leur manque de préparation et de poids politique. « Nous ne nous occupons pas des polémiques de salon. Il n’y a, au monde, aucune élection gagnée d’avance, explique-t-il. Ceux qui disent ainsi sont des gens qui sont incapables de mobiliser un électorat. Ils savent que même dans leur village, ils ne peuvent pas être élus. Et comment avoir bonne conscience devant les populations ? Ils sont obligés de dénigrer le processus électoral à défaut de se dénigrer eux-mêmes. »

Les sept candidats appelés à s’exprimer sur la traque des gangs

À quelques jours de la fin de la période de campagne électorale au Congo-Brazzaville l’Observatoire congolais des droits humains (OCDH) interpelle les candidats déclarés à la présidentielle. Pour Parfait Moukoko, président de l’OCDH, Denis Sassou Nguesso, le président-candidat et les six autres candidats en lice doivent s’exprimer sur l’opération confiée depuis septembre dernier à la DGSP, la garde présidentielle : à savoir la traque des « bébés noirs » aussi appelés « kulunas »: les gangs de délinquants urbains. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent depuis plusieurs mois des exactions dans le cadre de cette opération. Selon Parfait Moukoulou, l’OCDH a déjà documenté 70 cas de disparitions de jeunes gens. 

« Les parents de ces personnes se demandent à quelle autorité s’adresser, où ces enfants sont détenus. Ils ne savent pas. Cela crée un climat de peur et de terreur, explique Parfait Moukoulou. Les candidats devraient s’intéresser à cette question. À commencer par le chef de l’État en fonction. Il devrait nous dire est-ce que cela devrait continuer ainsi. »

Selon le président de l’OCDH, il existe, dans l’opinion publique « une indignation, une désolation ». « Il y a des disparus, mais les candidats n’en parlent pas encore. Nous voulons que chacun des candidats prenne des engagements pour résoudre la problématique des droits humains, et notamment des disparitions forcées. Nous comprenons totalement qu’il est nécessaire d’assurer la sécurité des personnes et des biens, en traquant les bandits armés dans nos villes. Mais nous pensons qu’il faut judiciariser la traque de ces bandits-là, pour éviter de laisser la jungle s’instaurer », ajoute Parfait Moukoulou.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close