Plongée dans ces années où le psychiatre Frantz Fanon a vécu en Algérie

À la cité universitaire de Paris, la Fondation Lucien Paye a accueilli, le 2 avril, la projection du film Frantz Fanon, œuvre intimiste du réalisateur algérien Abdenour Zahzah, qui replonge dans la partie de la vie de Fanon passée en Algérie.
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Dans la salle de projection de la Fondation Lucien Paye, les lumières s’éteignent… et le noir et blanc s’impose. À l’écran, un moment précis de la vie de Frantz Fanon apparaît : celui de son passage à l’hôpital de Blida-Joinville, en Algérie, en pleine période coloniale.
Il s’agit d’un récit resserré, une approche volontairement intimiste, selon l’historien Hamzat Boukary-Yabara : « Le film montre Fanon dans son quotidien de travail, donc dans ce qui fait sa spécificité. C’est un médecin psychiatre et on le voit au plus proche des patients. On le voit en contact avec ses collègues. Donc, c’est une intimité du quotidien, une intimité de travail. C’est comme une journée ordinaire. Le film nous replace, je dirais, dans le fait que même les petites actions que nous faisons au quotidien font sens, quelle que soit l’importance que l’on a au-delà de ce que l’on fait au quotidien. »
« La pensée de Fanon est une pensée intemporelle »
Pour Yacine Benbetka, l’organisateur de cette projection, l’intérêt de ce film est qu’il éclaire un aspect moins bien connu de la vie de Fanon : « Le film commence quand Fanon a débarqué en Algérie et finit au moment où le Front de libération nationale (FLN) lui demande de rejoindre le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne). Pour moi, le film traduit bien l’œuvre de Fanon en psychiatrie. »
Présent de 1953 à 1956 à l’hôpital de Blida-Joinville, Frantz Fanon tenta de soigner les Algériens de leurs aliénations en pleine décolonisation algérienne. La projection du film d’Abdenour Zahzah à Paris a réuni des universitaire, des chercheurs, des artistes et beaucoup d’étudiants. Elle a permis à ces personnes de découvrir Fanon ou de renouer à sa pensée. Quelques-uns d’entre eux réagissent au micro de Bokar Tall pour RFI.
Sur Frantz Fanon, c’était hyper intéressant de voir comment il réintroduit, dans un milieu psychiatrique et hospitalier, toute la question de la colonisation et de la violence que cela peut faire.
Réactions au film d’Abdenour Zahzah
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