Ouganda: que sont devenus les migrants expulsés des États-Unis?

Une dizaine de personnes expulsées des États-Unis ont atterri, jeudi 2 avril, en Ouganda, selon l’ordre professionnel des avocats ougandais. Une première, depuis la signature – discrète – d’un accord migratoire entre Kampala et Washington au mois d’août dernier. Un accord dénoncé comme opaque par l’Ordre des avocats ougandais.
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Après le Rwanda, l’Eswatini et le Soudan du Sud, le gouvernement ougandais a annoncé, en août 2025, la conclusion d’un accord avec l’administration Trump pour accueillir des migrants expulsés du territoire américain.
Cet accord de coopération en matière d’asile permet de transférer vers des pays tiers des migrants ne pouvant pas, ou ne voulant pas, rentrer chez eux.
Selon les déclarations du secrétaire permanent du ministère ougandais des Affaires étrangères, Vincent Bagiire, l’accord conclu entre Washington et Kampala concerne des ressortissants de pays tiers « qui pourraient ne pas obtenir l’asile aux États-Unis », et hésitent ou pourraient avoir des inquiétudes quant à un retour dans leur pays d’origine.
Aucun chiffre sur le nombre de personnes attendues n’avait alors été avancé, mais l’arrangement était « temporaire », selon Kampala, avec des conditions strictes sur le profil de ces migrants. Pas de mineur isolé ni de casier judiciaire, affirmait le secrétaire permanent.
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L’Ordre des avocats ougandais dénonce une opacité totale et envisage de contester la légalité de cet accord. Anthony Asiimwe, vice-président de la Uganda Law Society, l’ordre professionnel des avocats en Ouganda, est au micro de Florence Morice de la rédaction Afrique de RFI :
« Nous sommes inquiets. Tout ce que nous savons, c’est que ces personnes sont arrivées, qu’elles ont atterri dans la matinée, mais jusqu’à présent, nous ignorons ce qu’ils vont devenir. Nous ignorons où ils ont été emmenés, ni sous la responsabilité de qui ils ont été placés. Tout a été fait en secret, sans que personne n’en soit informé, même les ministères et institutions concernés, comme les services d’immigration.
Un tel accord, qui engage notre gouvernement, devrait être débattu au Parlement pour garantir un minimum de transparence et de redevabilité. La population doit savoir ce que contient cet accord : quelles sont les obligations de chaque partie, et quels en sont les avantages pour chacun. Je ne peux même pas vous dire avec certitude combien de personnes sont arrivées, qui elles sont, où elles seront envoyées, ce qui est prévu pour elles.
Ni même quel est leur statut dans le pays. Sont-ils des réfugiés ? Ont-ils obtenu l’asile ? Il s’agit d’êtres humains, pas d’animaux, ni de marchandises. Ils méritent au minimum d’être traités avec dignité. »
Hier, les autorités ougandaises ne se sont pas exprimées sur le sujet.



