Ouganda: la tension monte d’un cran au lendemain de la présidentielle et des législatives

En Ouganda, au lendemain du scrutin présidentiel et législatif, la tension monte d’un cran. Le parti de Bobi Wine affirme que l’opposant est encerclé chez lui, de facto placé sous résidence surveillée. Et l’opposition accuse l’armée d’avoir tué dix de ses partisans à Butambala, au centre du pays. La police conteste et parle de légitime défense. Les résultats définitifs sont attendus le 17 janvier.
Publié le : Modifié le :
2 min Temps de lecture
En Ouganda, le climat reste très tendu. Deux signaux d’alerte dominent. D’abord, à Butambala, le député de la National Unity Platform (NUP) Muwanga Kivumbi affirme à l’AFP que dix de ses partisans ont été tués à l’intérieur de son domicile lors d’une intervention de l’armée. Il parle de tirs nourris, puis de preuves emportées par les soldats. « Il ne reste qu’une mare de sang », affirme-t-il. La police conteste et évoque une riposte en légitime défense.
Deuxième point de tension : la NUP affirme que Bobi Wine et son épouse sont encerclés à leur résidence de Magere, près de Kampala. Le parti affirme que les accès ont été bouclés, empêchant tout mouvement, et que des agents ont franchi la clôture pour installer des tentes à l’intérieur de la propriété.
Deus Kenyesigye est un défenseur des droits de l’homme ougandais, membre du Réseau de solidarité panafricain, réfugié au Kenya. Contacté par RFI, il donne plus de détails.
Les forces de sécurité ou les « goons », ces casseurs payés par le pouvoir, ont attaqué sa résidence où ses amis s’étaient réunis. 10 personnes ont été abattues. C’est une menace, bien sûr, qui pèse sur tous ceux qui sont liés ou associés directement à la NUP, la Plateforme pour l’unité nationale. Le président du parti, Bobi Wine, a également été placé en résidence surveillée. Des militaires et des policiers encerclent son domicile à Magere. Ils ont coupé toutes les routes qui y mènent. Il n’est pas possible d’en sortir, ni d’y entrer. Nous sommes donc très inquiets pour sa sécurité et nous prions pour qu’il se porte bien. Mais ce n’est pas tout. Beaucoup d’observateurs dans de nombreux bureaux de vote ont été enlevés ou arrêtés. Et personne ne condamne cela.
Deus Kenyesigye, défenseur des droits de l’homme ougandais, membre du Réseau de solidarité panafricain, réfugié au Kenya
Scènes de liesse dans le camp du président sortant
Partout, le dispositif sécuritaire reste très présent. À Lira, dans le nord, un témoin décrit à RFI une ville calme mais quadrillée, où l’information arrive au compte-gouttes. Et sur le terrain, on voit déjà des scènes de liesse dans le camp du président sortant Yoweri Museveni, donné largement en tête par les résultats partiels. En face, l’opposition dénonce des irrégularités. Et, selon une source, à ce stade, plus de 80% des bulletins auraient déjà été comptabilisés.
Nombre d’observateurs voient dans ces élections une formalité pour le président sortant Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans, qui vise un septième mandat consécutif en s’appuyant sur un contrôle total de l’appareil électoral et sécuritaire.
Les autorités bloquent internet depuis mardi. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place à travers le pays.
À lire aussiPrésidentielle en Ouganda: un vote sous tension, entre fracture générationnelle et test de confiance



