Ouganda: arrestation d'une avocate et militante renommée à l'approche des élections

Une influente avocate et militante ougandaise des droits humains, Sarah Bireete, a été arrêtée par la police ougandaise, a dénoncé ce 30 décembre 2025 l’ONG qu’elle dirige, nouvel épisode répressif à l’approche des élections présidentielle et législatives prévues en janvier.

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L’avocate et défenseuse ougandaise des droits humains Sarah Bireete a été arrêtée mardi, à Kampala, capitale de l’Ouganda. Le porte-parole de la police a confirmé dans la soirée sa « garde à vue », mais le motif de sa détention reste inconnu. Cette arrestation suscite de l’inquiétude parmi les défenseurs des droits humains à l’approche de la présidentielle.

Elle a été interpelée à son domicile. Quelques minutes plus tôt, elle avait lancé une alerte sur un réseau social. « Ma maison est assiégée par la police et l’armée », pouvait-on lire. Dans la soirée, la police ougandaise a confirmé sa garde à vue, mais sans préciser de motif ni annoncer d’éventuelles charges retenues contre elle. Selon le porte-parole de la police ougandaise, Sarah Bireete sera présentée devant un tribunal « en temps voulu », une fois les investigations terminées. « Les enquêtes sont en cours », a-t-il expliqué.

Une figure modérée

Sarah Bireete dirige le Centre pour la gouvernance constitutionnelle. Avocate respectée, elle intervenait régulièrement dans les médias, elle s’est imposée comme une voix critique sur les questions de gouvernance et d’État de droit. Ces dernières semaines, elle relayait sur les réseaux sociaux certains thèmes de campagne de l’opposant Bobi Wine. Mais elle reste considérée comme une figure modérée.

«La police ougandaise a confirmé l’arrestation de notre directrice générale, Sarah Bireete. Elle a précisé qu’elle est actuellement en garde à vue et qu’elle sera présentée devant le tribunal en temps voulu.»

Arrestation jugée « tragique »

Une arrestation jugée « tragique », mais « pas surprenante », par Nicholas Opiyo, figure de la société civile ougandaise en exil. Il l’explique à Florence Morice. « De nombreux proches de l’opposition, pour la plupart des jeunes, sont en détention. Des acteurs de la société civile impliqués dans l’organisation de manifestations sont soit en prison, soit poursuivis pour trahison. Le cas de Sarah est celui d’une personnalité très médiatisée, mais ce n’est qu’un cas parmi d’autres, traités de la même manière par les autorités ougandaises ».

« Sarah n’a pas organisé de manifestations, poursuit Nicholas Opiyo, mais elle est une voix critique et virulente, une ardente défenseuse de l’État de droit. Elle dénonce la manière autoritaire dont le gouvernement réprime la société civile, la presse et, plus généralement, les droits humains. À chaque cycle électoral, les critiques du régime courent le risque d’être arrêtées. En Ouganda, les élections sont obtenues par la violence et l’intimidation. À l’heure où nous parlons, le principal opposant, Kizza Besigye, est en prison et poursuivi pour trahison ».

Son arrestation, à deux semaines du scrutin présidentiel, alimente les craintes d’un durcissement du climat politique, alors que le président Yoweri Museveni brigue un nouveau mandat, après près de 40 ans au pouvoir.

Plusieurs figures de la société civile déplorent un manque d’explication, et réclament plus de transparence autour de cette arrestation.

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