Oran puis Alger : Youcef Belaïli annonce son grand projet pour le football algérien

L’enfant terrible veut transmettre. Actuellement en convalescence, Youcef Belaïli a dévoilé une initiative qui pourrait avoir un écho au-delà de sa carrière de joueur. Le meneur de jeu de l’Espérance de Tunis a cette fois surpris par un projet structurant et tourné vers l’avenir du football algérien.

Invité sur Samira TV, l’ailier de 33 ans a révélé son intention de lancer une académie de formation en Algérie. Un projet qu’il souhaite d’abord implanter à Oran, sa ville natale, avant de l’étendre à Alger.

Des académies Juventus en Algérie sous l’impulsion de Belaïli

Dans sa prise de parole, Belaïli, actuellement blessé, s’est montré particulièrement clair sur la philosophie du projet. « Ça sera la Juventus », a-t-il affirmé, laissant entendre un modèle directement calqué sur le club italien. Séduit par la structure affiliée du club à Tunis (Juventus Tunisia, créée en 2015), où évolue son fils, le joueur formé au MC Oran aimerait reproduire le modèle chez lui.

A noter qu’en dépit de son prestige, la Juventus n’est pas une “usine à cracks”, à la différence de l’Atalanta, par exemple, dont la formation est au coeur de l’ADN. Si les internationaux italiens Claudio Marchisio ou Sebastian Giovinco ont fait exception à une certaine époque (et Fabio Miretti aujourd’hui), la “Vieille Dame” s’est surtout affirmée en révélant des talents formés ailleurs, en leur inculquant une culture de la gagne et une discipline tactique rigoureuse. Ainsi, à Vinovo, l’intelligence de jeu et l’efficacité priment sur le spectaculaire. On y façonne des joueurs fiables, capables d’évoluer sous pression et tactiquement irréprochables.

Un modèle qui pourrait offrir un contraste intéressant avec le profil traditionnel de nombreux talents algériens, souvent salués pour leur technique mais parfois critiqués pour leurs lacunes tactiques. Le parallèle est d’autant plus frappant que Belaïli lui-même, au cours de sa carrière, a souvent été associé à un immense talent, mais aussi à un grand manque de discipline.

La formation, défi du football algérien

Au-delà de l’aspect purement formation, Belaïli insiste sur la dimension sociale de son académie. L’objectif affiché est d’offrir une véritable opportunité à des jeunes parfois freinés par des contraintes financières.

« Comme vous le savez, il manque des académies en Algérie, alors que nous avons énormément de talents. Mon objectif, c’est d’offrir aux jeunes, surtout ceux qui n’ont pas les moyens, un endroit où ils pourront être logés, jouer et se former », a-t-il expliqué.

En effet, la formation demeure l’un des grands chantiers du football algérien. Certes, le pays possède le Paradou, l’une des académies les plus prolifiques du continent. Mais une seule référence est insuffisante pour couvrir l’étendue du pays le plus vaste d’Afrique.

À l’image de nombreux pays du continent, le manque d’infrastructures, de visibilité et d’encadrement structuré devient évident lorsque l’on s’éloigne de la capitale. Chaque année, des milliers de jeunes joueurs talentueux peinent à trouver un cadre adapté pour progresser.

Dans ce paysage, le projet de Belaïli apparaît comme une initiative potentiellement significative. Si elle se concrétise, elle pourrait contribuer, à son échelle, à réduire une fracture structurelle bien réelle dans le football algérien.


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