«On se sent méprisé»: à Madagascar, les internes en médecine en grève contre leurs conditions de travail

À Madagascar, c’en est trop pour les internes en médecine : les étudiants ont annoncé se mettre en grève à partir de ce 20 janvier 2026. Ils dénoncent des conditions de travail toujours plus difficiles. Une situation amplifiée par un nombre de taches qui ne cesse d’augmenter, sans jamais être indemnisées. C’est le cas en ce moment, avec la prise en charge des patients atteints du virus mpox.
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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
De la grogne et une certaine lassitude, surtout : c’est le sentiment qui se dégage chez les jeunes internes de Madagascar, croisés dans les hôpitaux du pays. « Aujourd’hui, la problématique, c’est qu’on nous demande d’être sur le front pour lutter contre l’augmentation de cas de mpox alors qu’on ne nous donne pas d’équipements de protection individuelle (EPI). Il n’y a pas d’indemnités non plus pour nous les internes alors qu’on fait déjà face à la surcharge de tâches dans les CHU, partout dans le pays. Année après année, crise à après crise, on nous fait la promesse d’être payés sans que cela n’aboutisse », explique Jason Fisainana, interne en médecine à la faculté de Toamasina.
L’Union des internes de Madagascar qu’il préside, a interpellé la ministre de la Santé à plusieurs reprises depuis le début de l’année, pour établir le dialogue. En vain. Alors, les étudiants ont annoncé démarrer une grève à partir d’aujourd’hui. « Malgré notre ultimatum, quand on voit qu’on n’a aucun retour jusqu’à maintenant de la part du ministère de la Santé publique, on se sent méprisé. En se mettant en grève, nous espérons qu’on aura beaucoup plus d’échos, surtout auprès des responsables de gouvernement », ajoute Jason Fisainana.
Budget en baisse du ministère de la Santé publique
Plus d’échos mais aussi une solution financière à proposer. Au ministère de la Santé, on confirme que les budgets sont serrés. « Cinq cents postes ont été ouverts cette année en hôpitaux, quand la demande était de 8 000 », confie une source, pour souligner le manque de moyens du ministère qui voit d’ailleurs son budget diminuer de 7% en 2026. La Santé publique ne représente en effet plus qu’un peu plus de 5% du budget national, loin de l’objectif fixé par l’Accord d’Abuja, ratifié par Madagascar en 2001 et qui engage les États signataires à consacrer au moins 15% de leurs ressources nationales à la santé.
Concernant la situation sanitaire, la propagation du virus mpox se poursuit, portant – selon les chiffres officiels à 243 le nombre de cas suspects, 92, le nombre de cas confirmés, et 14 le nombre de patients guéris.
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