Nigeria: le procès de l’ex-gouverneur de l'État de Kaduna pour «cybercrime» renvoyé au 23 avril

Au Nigeria, la Haute-Cour fédérale d’Abuja a dû renvoyer au 23 avril l’audience de mise en accusation de Nasir El Rufai, ex-gouverneur de l’État de Kaduna (centre du pays), dans une affaire de « cybercrime » et d’« atteinte à la sécurité de l’État ». Car l’opposant est actuellement détenu et interrogé par l’agence fédérale anti-corruption dans le cadre d’une autre affaire.
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Nasir El Rufai, ancien cadre du parti majoritaire devenu un farouche opposant au président Bola Tinubu, est accusé d’avoir intercepté illégalement les conversations téléphoniques de Nuhu Ribadu, le puissant conseiller à la sécurité nationale.
L’ancien gouverneur de Kaduna avait en effet été convoqué le 16 février par la Commission sur les crimes économiques et financiers (EFCC) pour être entendu dans le cadre d’une enquête sur le détournement présumé de 260 millions de dollars de fonds publics, entre 2015 et 2023. Deux jours plus tard, Nasir El Rufai avait été libéré sous caution. Mais, à peine sorti des locaux de la Commission à Abuja, il avait été à nouveau arrêté et emmené par des hommes armés, sur ordre cette fois de l’Agence fédérale anticorruption (ICPC), qui n’a toujours pas procédé à sa libération.
Écoutes illégales
Depuis plusieurs mois, l’ancien gouverneur de Kaduna, devenu opposant, accuse le pouvoir de vouloir le faire taire. Nasir El Rufai a notamment dénoncé une tentative d’arrestation illégale, après un accrochage avec des agents de sécurité à l’aéroport international d’Abuja, le 12 février, alors qu’il revenait d’Égypte. Le lendemain, il expliquait à la télévision avoir eu accès aux conversations téléphoniques du conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu, et qu’il l’avait entendu ordonner son arrestation.
Ce sont ces déclarations, portant sur des écoutes illégales, qui lui valent aujourd’hui d’être également poursuivi par les services de la sécurité intérieure.
En attendant, ses proches s’inquiètent de sa détention prolongée et de son état de santé. L’opposant Atiku Abubakar, membre de la coalition d’opposition Congrès démocratique africain (ADC) avec Nasir El Rufai, a dénoncé en début de semaine de possibles « poursuites ciblées » visant « des figures de l’opposition ». « Si quoi que ce soit arrive à El Rufai, ce gouvernement en sera tenu pour responsable », a-t-il prévenu sur les réseaux sociaux.
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