Naufrage de l’« Esther Miracle » au Gabon: le parquet requiert les peines maximales

Au tribunal correctionnel de Libreville, le ministère public a requis vendredi 10 avril 2026 les peines maximales pour la dizaine d’accusés du naufrage du 9 mars 2023 du bateau Esther Miracle qui avait coulé alors qu’il assurait la liaison Libreville – Port-Gentil. Le bilan officiel de la catastrophe est de 34 morts, 7 disparus et 124 rescapés. Le verdict est attendu le 28 mai prochain.

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Avec notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma

Le procureur de la République a été sans pitié dans ses réquisitions. Il a accusé les cadres de la marine marchande d’avoir été gangrenés par la concussion et la prévarication. « Pour des pots-de-vin, ils ont accordé des autorisations à l’origine du naufrage », a-t-il soutenu. S’agissant de l’armateur, il l’a décrit comme un homme d’affaires dont le bateau était un corbillard et l’équipage des « croque-morts ». À tous les accusés, il a requis la peine maximale qui va de 2 à 5 ans de prison et des amendes variant entre 1 et 5 millions de francs CFA (entre environ 1 520 et 7 620 euros), notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui et blessures involontaires ».

C’est excessif pour une procédure biaisée, a plaidé Maître Solange Nfono Ekomye, avocate de l’armateur : « Le ministère public ayant galvaudé la loi, j’ai plaidé la relaxe pure et simple de tous mes clients. »

« Les réquisitions du procureur nous donnent satisfaction au regard du préjudice subi par nos clients », s’est réjoui Me Calvin Job, l’un des avocats qui a réclamé 5 milliards de francs CFA (approximativement 76 200 euros) pour chaque victime. « On peut juger que c’est extrême, mais chaque partie civile à son niveau de souffrance évalue ce qu’elle pense correspondre à ce niveau de souffrance. »

Tous les accusés sont retournés en prison attendre le verdict le 28 mai prochain. Les victimes ont quitté le tribunal sans commentaire.

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