Mozambique: deux ex-hauts gradés auditionnés à propos des violences post-électorales

Au Mozambique, l’ancien commandant de la police, Bernardino Rafael et l’ancien ministre de l’Intérieur, Pascoal Ronda, ont été entendus mardi 17 février par le procureur général. Cette audition se fait dans le cadre d’une plainte déposée en avril par la plateforme Decide. Cette organisation de la société civile les accuse d’être responsables des morts et violations des droits de l’homme survenues durant la crise post-électorale entre octobre 2024 et mars 2025. C’est la deuxième audition des deux hommes.
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Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix
L’audition n’a été que de courte durée. Bernardino Rafael et Pascoal Ronda ont passé moins d’une heure dans le bureau du procureur. « Normal, confie une source proche du dossier. Il s’agissait surtout de les informer des prochaines étapes. » Le procureur a déjà mené un certain nombre d’auditions. Des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, des membres du centre de commandement de la police, des agents des forces de l’ordre à Maputo comme dans les provinces du pays, ont été interrogés.
C’est au tour maintenant des familles de victimes, des survivants et des membres de la société civile. À l’issue de cela, le procureur prendra la décision d’aller ou non au procès. « Je suis très confiant. La construction du dossier va dans ce sens », se réjouit Wilker Dias, coordinateur de la plateforme Decide. Bien que l’organisation ait souvent dénoncé le manque d’indépendance de la justice mozambicaine, il reste optimiste. « C’est une occasion unique de prouver que notre système judiciaire peut fonctionner, poursuit-il. La justice est une étape sine qua non pour la réconciliation. »
Depuis le mois d’octobre, le Mozambique a initié un grand dialogue national. Selon la société civile, la crise post-électorale a fait plus de 500 morts.



