Maurice : le pays le plus touché par les retards commerciaux 💖 Chagos

Le ComitĂ© interministĂ©riel sur l’archipel des Chagos, prĂ©sidĂ© par le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, et composĂ© du PM adjoint, de l’Attorney General et du ministre des Affaires Ă©trangères, de l’IntĂ©gration rĂ©gionale et du Commerce international, s’est rĂ©uni, hier, pour examiner deux dossiers sensibles : le retard dans l’entrĂ©e en vigueur du traitĂ© signĂ© le 22 mai 2025 sur les Chagos et l’escalade de la crise au Moyen-Orient.
Dans un communiquĂ© Ă©mis par le bureau du PM, le comitĂ© a exprimĂ© sa vive prĂ©occupation de l’Ă©volution de la situation internationale. Il note notamment les avis exprimĂ©s par plusieurs juristes internationaux selon lesquels les attaques des États-Unis et IsraĂ«l contre l’Iran, ainsi que les ripostes iraniennes visant des États non impliquĂ©s initialement dans le conflit, ne reposeraient sur aucun fondement juridique en droit international.
Le ComitĂ© interministĂ©riel souligne Ă©galement les controverses liĂ©es Ă l’utilisation de diverses bases militaires dans ce conflit et l’intensification des tensions dans la rĂ©gion. Dans ce contexte, Maurice, attachĂ©e au respect de l’ordre international fondĂ© sur des règles, appelle Ă un cessez-le-feu immĂ©diat et Ă un recours Ă des moyens pacifiques pour rĂ©soudre les diffĂ©rends entre les États concernĂ©s.
Un calendrier souhaité
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Le communiquĂ© met aussi en lumière les inquiĂ©tudes du gouvernement face au retard dans l’application de l’accord relatif Ă l’archipel des Chagos, incluant Diego Garcia, signĂ© le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni. Bien que les deux parties aient affichĂ© une volontĂ© commune d’aboutir rapidement Ă l’entrĂ©e en vigueur du traitĂ©, celui-ci n’est toujours pas effectif Ă ce jour. Le ComitĂ© interministĂ©riel dĂ©plore l’absence de visibilitĂ© du calendrier de mise en oeuvre de l’accord.
Autre point de prĂ©occupation : la prĂ©sence d’individus non autorisĂ©s sur l’une des Ă®les de l’archipel, en contradiction avec l’intention commune des parties d’organiser, en temps voulu, un processus de rĂ©installation ordonnĂ© sur certaines Ă®les. Le communiquĂ© Ă©voque Ă©galement la complicitĂ© prĂ©sumĂ©e de certaines personnes fortunĂ©es et de certains politiciens dans cette prĂ©sence illĂ©gale.
Comme Ă l’accoutumĂ©e dans les dossiers touchant Ă la souverainetĂ© de Maurice sur l’archipel des Chagos, les reprĂ©sentants de la communautĂ© chagossienne Ă Maurice ont Ă©tĂ© consultĂ©s Ă l’issue de la rĂ©union. La dĂ©lĂ©gation Ă©tait conduite par Olivier Bancoult et comprenait Harris Elysee, Roger Alexis et Madeline Yardin.
Ă€ l’issue de la rencontre, Olivier Bancoult, leader du Groupe rĂ©fugiĂ©s Chagos, s’est dĂ©clarĂ© satisfait des Ă©changes. Il a indiquĂ© que la rĂ©union s’Ă©tait «très bien passĂ©e» et que l’ensemble des reprĂ©sentants chagossiens prĂ©sents Ă©taient satisfaits des discussions. «On a parlĂ© de tous les Ă©vĂ©nements qui se passent en ce moment sur le dossier Chagos et on travaille ensemble avec le gouvernement pour trouver des solutions Ă ces problèmes. On est très content que le gouvernement nous inclue dans les discussions et on est fully involved dans les dĂ©cisions sur les Chagos.»
Olivier Bancoult a ajouté que les comptes rendus de la réunion seraient transmis à la communauté chagossienne et que le gouvernement a pris la responsabilité de faire le nécessaire face aux défis actuels.
Pressions politiques Ă Westminster
Pendant ce temps, au Parlement britannique Ă Westminster, le dossier Chagos continue de susciter des dĂ©bats. MalgrĂ© les pressions exercĂ©es par le prĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, le PM britannique, sir Keir Starmer, a dĂ©fendu l’accord conclu avec Maurice. Le lundi 2 mars, Ă la Chambre des communes, le dĂ©putĂ© Andrew Rosindell (Reform, Romford) l’a interpellĂ©, estimant que les Ă©vĂ©nements actuels dĂ©montrent l’importance stratĂ©gique des infrastructures militaires au Moyen-Orient et qualifiĂ© de «catastrophique» le transfert projetĂ© de souverainetĂ© des Chagos Ă Maurice avec un bail pour la base de Diego Garcia.
Andrew Rosindell a demandĂ© au PM britannique s’il comptait abandonner ce qu’il considère comme un plan «mal avisé» pour maintenir les Chagos sous souverainetĂ© britannique. En rĂ©ponse, Keir Starmer a affirmĂ© que l’accord «sĂ©curise les Ă®les afin qu’elles puissent continuer Ă ĂŞtre utilisĂ©es pour les objectifs importants auxquels elles servent». Il a soutenu que la conclusion de l’accord est essentielle pour garantir la poursuite des opĂ©rations dans les mĂŞmes conditions.
Le PM britannique a Ă©galement prĂ©cisĂ© que l’utilisation des bases britanniques est limitĂ©e aux objectifs dĂ©fensifs convenus. «Nous ne participons pas aux frappes offensives amĂ©ricaines et israĂ©liennes», ajoutant que la dĂ©cision repose sur le principe de la lĂ©gitime dĂ©fense collective d’alliĂ©s de longue date et sur la protection des vies britanniques.



