Massacre de Shakahola au Kenya: le chef de la sécurité de la secte plaide coupable

Au Kenya, c’est un rebondissement dans l’affaire du massacre de Shakahola. En avril 2023, des charniers avaient été découverts dans cette forêt, proche de Malindi, sur la côte kényane. Les corps étaient ceux des fidèles de l’Église internationale de la Bonne nouvelle, de Paul Mackenzie. Ce pasteur autoproclamé professait de se laisser mourir de faim pour rejoindre Jésus. Plus de 450 corps ont été retrouvés. Vendredi, lors du procès pour meurtre, à Mombasa, l’un des co-accusés de Paul Mackenzie a décidé de plaider coupable. Sa déposition a été rendue publique mardi 20 janvier.
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Enos Amanya était un entrepreneur de Nairobi, la capitale kényane. Mari et père de sept enfants, il décide en 2020 de tout abandonner pour acheter un terrain dans la forêt de Shakahola. Enos Amanya était le chef de la sécurité. Sa mission était de surveiller les terres, de repousser les intrus, et à partir de 2022, garder les « canopées », sortes de prison faites de broussailles dans lesquelles femmes et enfants étaient affamés.
« Il y avait aussi des « videurs », chargés de s’occuper de ceux qui défiaient l’ordre de jeûner » explique Enos Amanya, dans sa déposition. « Mackenzie disait que pour entrer au Paradis, il faudrait des coups, poursuit-il. C’est là que les videurs ont commencé à attacher les fidèles aux arbres. »
« On a enterré au moins 700 personnes »
L’équipe de surveillance disposait d’un langage codé. Les dépouilles étaient appelées « de l’engrais », les enterrements « des plantations » et la mort « un voyage en jet ». Jour et nuit, Enos Amanya et son équipe creusaient des fosses communes. « On a enterré au moins 700 personnes », confesse-t-il, dont six de ses propres enfants.
C’est avec ce témoignage que le bureau du procureur termine ses auditions. En six mois de procédure, 120 témoins et plus de 500 preuves ont été présentées à la cour de Mombasa.



