Maroc: Think Tanger, dix ans d'existence pour un collectif qui pense la ville

Think Tanger – collectif regroupant des artistes, des architectes, des entrepreneurs ou encore des chercheurs – fête ses dix ans cette année. L’association s’est donnée pour but de penser les importantes mutations à l’œuvre dans la ville de Tanger et d’offrir des espaces et des outils pour que les habitants puissent s’exprimer sur ces transformations. Ateliers culturels, colloques, expositions, publication d’une revue : les initiatives de l’organisation ont été nombreuses.

De notre correspondant de retour de Tanger,

Une ambiance studieuse, avec quelques bureaux de travail, des ouvrages de sociologie, d’histoire et d’architecture… Au mur, on trouve des œuvres d’artistes marocains, comme celles du cinéaste Ahmed Bouanani. Le Kiosk, situé rue Velasquez, au centre-ville de Tanger, est l’un des espaces de travail de Think Tanger – un lieu de réflexion et de travail pour artistes, chercheurs, urbanistes ou architectes.

Amine Houari, 25 ans, est photographe, et également chargé des programmes culturels : « Je trouve que la pluridisciplinarité nous permet en fait une forme de liberté dans le travail. C’est une richesse en plus, ce brassage des différentes pratiques, que ce soit à travers le milieu issu de recherches, mais aussi le milieu artistique, et je trouve que ça permet une certaine lecture de la ville qu’on ne pourrait pas avoir en travaillant qu’avec un seul angle. »

Réfléchir la ville autrement 

Comment réfléchir aux transformations de la ville et favoriser l’expression citoyenne sur ces thématiques ? Pour y parvenir, les projets de l’ONG sont innombrables : une revue, des ateliers de photographie, de cinéma ou encore de radio, comme dans le quartier populaire de Bir Chifa.

Amine Houari poursuit : « On a fait un atelier de radio, un podcast : un JT de 2100,  »Comment sera Bir Chifa d’ici 100 ans ? ». Du coup, ça a permis de traiter des sujets hyper importants pour les jeunes, que ce soit à travers la migration, le transport, le réchauffement climatique, mais tout le temps sous le prisme de l’humour, un peu sarcastique, c’est aussi une manière de parler de ce qu’on veut, mais d’une manière plus créative, je dirais. »

Donner une voix aux citoyens dans la transformation urbaine

Construction du port Tanger Med et de nouveaux quartiers, arrivée du TGV… Le nombre d’habitants a quasiment doublé en 20 ans. Tanger est même devenue la deuxième ville du Maroc. Amina Mourid, cofondatrice de Think Tanger, se souvient des enjeux au moment de la création de l’organisation :

« On essayait de comprendre, à cette époque, quel était l’avenir qui était en train de se dessiner pour cette ville. Quelle place aussi surtout pour les citoyens, pour s’impliquer, dans la co-constuction de cette vision territoriale. Et donc, Think Tanger, à l’époque, c’est une plateforme qui essaye d’aller chercher l’information où elle se trouve, en invitant directement ceux qui sont au cœur de la mutation de la ville, les acteurs économiques, politiques, et bien évidemment en redonnant la place aux artistes, pour pouvoir documenter, mettre à distance cette réalité, et créer aussi un discours parallèle alternatif à cette mutation. »

Aujourd’hui, Think Tanger est fort de six salariés. En plus des bailleurs de fonds, l’organisation se finance à travers la vente d’œuvres d’art, de livres, des visites de la ville, mais aussi un café et bientôt un restaurant.

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