Marchés financiers: les pays africains signent un début d’année record

C’est un début d’année record sur les marchés financiers pour le continent africain. Kenya, Côte d’Ivoire, Congo, Cameroun ou encore Bénin ont levé des emprunts en dollars pour un total proche de 6 milliards de dollars (environ 5 milliards d’euros), un niveau jamais atteint depuis 2013. Pourquoi cet engouement soudain des investisseurs pour la dette souveraine africaine ? Derrière cette « ruée », plusieurs facteurs convergent.
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Premier élément d’explication : l’amélioration de l’appréciation du risque dans certains pays africains, confortée par les dernières notations des agences. Dans le même temps, un certain embouteillage sur les marchés d’emprunts traditionnels. Conséquence : les placements africains sont devenus plus intéressants.
« Le rendement des obligations des pays développés n’est plus attractif vis-à-vis des obligations souveraines africaines », souligne Ange Ponou, analyste chez SikaFinance, site d’information financière et économique relatif à la Bourse dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Umeoa).
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Retour sur les marchés internationaux
La crise des marchés mondiaux liée au Covid-19 avait contraint les États du continent à se tourner davantage vers leurs marchés régionaux. Aujourd’hui le contexte international s’est amélioré. Il est de nouveau pertinent pour des pays comme le Kenya ou la Côte d’Ivoire d’emprunter à l’international.
« Au cours de la semaine dernière, la Côte d’Ivoire a levé 1,3 milliard de dollars (1 milliard d’euros), au taux d’intérêt de 5,39 %, ce qui est plus compétitif même que sur le marché financier régional ici », précise l’analyste.
Des secteurs de plus en plus compétitifs
Au-delà des conditions financières, cet engouement pour les obligations souveraines africaines est également révélateur du dynamisme économique de ces États et des grands projets en cours. « Des secteurs comme les mines ou les hydrocarbures deviennent de plus en plus compétitifs en Afrique, comparés à d’autres régions », observe Ange Ponou.
Autre symbole : le méga-projet de raffinerie porté par Aliko Dangote à Lekki, au Nigeria. « Toutes ces initiatives font qu’aujourd’hui, les investisseurs changent de perception vis-à-vis de l’Afrique », estime-t-il.
D’autres émissions sont prévues. La République démocratique du Congo (RDC) prévoit notamment de lancer sa première émission obligataire internationale, d’un montant de 750 millions de dollars (634 millions d’euros).
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