Mali: un rapport de The Sentry accable le bilan de Wagner après trois ans et demi de présence

L’organisation américaine The Sentry vient de dresser un bilan de l’action du groupe paramilitaire russe Wagner, présent au Mali entre janvier 2022 et juin 2025. Arrivés pour appuyer les autorités de transition dans leur lutte contre le terrorisme, les paramilitaires russes ont quitté le pays en juin dernier, remplacés par l’Africa Corps, une nouvelle force placée directement sous la tutelle du gouvernement russe. Wagner avait alors affirmé que « sa mission était accomplie ».
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Le rapport fait le constat d’un échec en trois temps de Wagner au Mali. D’abord une incapacité militaire : « les forces de Wagner ont été incapables de prendre le contrôle des zones du nord et du centre du pays ». Il souligne ensuite une augmentation « significative » des attaques contre les civils depuis leur arrivée.
Enfin, cette insécurité a, selon l’ONG, « gravement compromis » les relations entre l’armée malienne et la population. Le rapport explique que les difficultés de Wagner sur le terrain et le manque de confiance de la population envers eux ont permis aux terroristes d’augmenter leurs recrutements.
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« Les combattants de Wagner ont semé le chaos et la peur au sein de la hiérarchie militaire »
Le rapport pointe également des conséquences sur l’appareil sécuritaire malien. « Les combattants de Wagner ont semé le chaos et la peur au sein de la hiérarchie militaire », écrit The Sentry, soulignant que désormais « le manque d’ordre et de communications au sein de la chaine de commandement » pousse les dirigeants maliens à se regarder « avec soupçon ».
Le rapport remet aussi en cause la solidité du partenariat médiatisé entre Bamako et Moscou. The Sentry affirme que Wagner s’est montré « réticent à intervenir militairement, même dans les cas où la capitale est directement menacée, sans avoir d’abord obtenu l’assurance d’une compensation financière ».
Le Mali a fait appel à Wagner parce qu’elle pensait que les mercenaires russes seraient prêts à prendre plus de risques et à s’engager réellement dans la lutte contre les terroristes.
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Après le constat d’échec, le temps des conséquences : le rapport explique que Wagner fait face à des défis sur le terrain comme l’insuffisance de soutien aérien, le manque d’information fiable et surtout le manque de confiance de la population.
Ces défis ont mené à son échec militaire le plus important : l’embuscade tendue à Tinzaouatène en juillet 2024 par des rebelles de l’Azawad et les djihadistes du JNIM qui ont annoncé avoir tué plus de 80 mercenaires russes et une cinquantaine de soldats maliens. Selon l’analyse des chercheurs de The Sentry, « Cette défaite a porté un coup à la réputation de Wagner sur le continent africain. Plus d’un an après, il ne s’est toujours pas remis. »
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