Mali: «Sans justice, pas de nation», déclare l'ex-Premier ministre Moussa Mara lors de son procès en appel

Au Mali, Moussa Mara sera fixé sur son sort, le 8 février prochain. L’ex-Premier ministre a comparu, ce lundi 19 janvier, devant la Cour d’appel de Bamako. En détention depuis le 1ᵉʳ août, Moussa Mara a été condamné, fin octobre, à deux ans de prison dont un ferme, et à une amende de 500 000 FCFA, pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ». En cause : un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel Moussa Mara déclarait vouloir se « battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit ». Les avocats de Moussa Mara ont, à nouveau, plaidé la relaxe.

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L’audience a duré quatre heures. Les plaidoiries ont été longues.

« Dossier vide », « atteinte à la liberté d’expression » : l’argumentaire du collectif des avocats de la défense, conduit par Maître Mountaga Tall, n’a pas varié. Comme lors des multiples auditions qui avaient précédé l’arrestation de Moussa Mara, au mois d’août, et comme lors de son procès, en première instance, fin septembre, les avocats de Moussa Mara ont estimé que le dossier ne contenait aucun élément permettant de corroborer la commission d’un délit.

« Aucun élément matériel, ni légal, ni intentionnel », précise l’un des avocats, joint par RFI, qui insiste sur « le caractère disproportionné », selon lui, de la peine de prison prononcée contre Moussa Mara en première instance, à savoir deux ans dont un ferme, une peine assortie de 500 000 FCFA d’amende dont le parquet général a, quant à lui, demandé la confirmation.

Le représentant du contentieux de l’État, qui est intervenu très brièvement, n’a rien demandé de plus que le franc symbolique que Moussa Mara a également été condamné à lui verser.

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Cela fait près de six mois que Moussa Mara est emprisonné. Durant l’audience, il est apparu « en forme et déterminé », selon un membre de son entourage présent au tribunal et qui rapporte en substance ses propos. L’ancien Premier ministre a personnellement exprimé sa confiance dans la justice malienne et assuré que son combat était et resterait celui de la préservation des libertés.

« Sans justice, il n’y a pas de nation », a notamment déclaré Moussa Mara devant la Cour, selon cette même source.

La liste des personnalités emprisonnées pour avoir exprimé leur opinion depuis le début de la Transition est déjà longue : Ras Bath, Rose vie chère, Clément Dembélé, pour n’en citer que certains, toujours en prison actuellement et depuis plusieurs années. Mais le cas de Moussa Mara est encore plus symbolique. Il s’agit d’un ancien Premier ministre qui n’a jamais joué la carte de l’opposition radicale et s’est toujours positionné en accompagnateur critique, en faisant des propositions et en pesant bien, lors de ses prises de parole, chacun de ses mots.

Pas suffisamment, apparemment, puisque Moussa Mara est emprisonné, depuis près de six mois déjà et qu’il a été condamné en première instance.

Le délibéré de son procès en appel sera rendu dans trois semaines, le 9 février prochain.

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