Mali: malgré l'embargo jihadiste, un Ramadan plutôt maîtrisé

Au Mali, un peu plus de deux semaines après le début du Ramadan, l’approvisionnement en carburant reste très fluctuant et insuffisant dans le pays, mais les autorités de transition parviennent à maintenir une forme de minimum vital. Les prix des aliments sont restés stables. Le Ramadan suit donc son cours, dans une forme de maîtrise des difficultés qui sont, de fait, devenues la norme depuis l’instauration de l’embargo jihadiste sur le carburant il y a six mois.
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Au Mali, les camions citernes circulent toujours sous escorte militaire, mais aucune attaque de convoi n’a été rapportée depuis le début du Ramadan, le 17 février 2026.
À Bamako, si l’essence est disponible, le gasoil manque drastiquement depuis plusieurs jours. Quant à l’électricité, « on dépasse difficilement les six heures par jour », témoigne un habitant. Certains quartiers sont privés de courant au moment de la rupture du jeûne. « Ça tient mais ça ne rassure pas », commente encore un Bamakois.
« Habitués »
À Ségou et Sikasso, on peut trouver de l’essence et du gasoil, mais les personnes interrogées se plaignent d’un approvisionnement « insuffisant » ou « compliqué ».
À Koutiala et à Mopti, les stations-service sont fermées et, au marché noir, le carburant se vend deux à trois fois plus cher qu’au prix réglementé à la pompe. « Les revendeurs ne se cachent même plus », confie un habitant de Koutiala. « Nous sommes délaissés mais habitués », déplore un notable de Mopti.
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Denrées alimentaires : prix stables
Des pâtes aux dattes et de Bamako à Sikasso, les denrées alimentaires, en revanche, ne manquent pas. Surtout, leur prix est resté stable, au grand soulagement de tous.
Mais dans le marasme économique actuel, cette stabilité n’est pas synonyme de facilité : les uns peinent à assurer leurs dépenses, les autres confient crouler sous les demandes d’aide.
Enfin, la situation est autrement plus difficile dans les villes placées sous blocus par les jihadistes du Jnim, où les produits ont commencé à manquer et leur prix à augmenter bien avant le début du Ramadan. À Nioro du Sahel, Léré ou encore Diafarabé, les routes sont coupées depuis plusieurs mois et seule l’armée peut encore convoyer des denrées.
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