Mali: l'armée bombarde des combattants de l'État islamique après des affrontements près de Ménaka

Au Mali, l’armée revendique plus d’une vingtaine de terroristes tués près de Ménaka dans des frappes aériennes menées pendant le weekend. Ces frappes ont ciblé des jihadistes de la branche sahélienne de l’État islamique à la frontière avec le Niger. Elles font suite à une embuscade meurtrière tendue jeudi dernier par le groupe jihadiste aux soldats maliens et à leurs supplétifs russes du Corps africain.
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Plus d’une vingtaine de « terroristes » ont été tués selon le communiqué de l’armée, « une quarantaine » même, selon le MSA (Mouvement pour le soutien de l’Azawad), groupe armé local qui appuie les soldats maliens dans la zone, et dont les combattants sont en train d’être progressivement intégrés au sein même de l’armée.
Ces frappes aériennes ont ciblé samedi 31 janvier des combattants de l’État islamique près d’Akabar, au sud de Ménaka, à la frontière avec le Niger.
Embuscade de l’EIS
Elles font suite à de violents affrontements au Mali qui avaient eu lieu jeudi dernier au nord de Ménaka, à Inatabakate. Ce jour-là, ce sont les combattants de l’EIS qui avaient tendu une embuscade à une patrouille de l’armée malienne, incluant ses supplétifs du MSA et ses partenaires de l’Africa Corps russe. Cette embuscade avait été suivie de combats puis, déjà, de bombardements aériens de l’armée.
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L’armée n’a fourni aucun bilan de ces premiers affrontements. Une source sécuritaire malienne à Ménaka assure que les jihadistes avaient été repoussés par l’armée et ses partenaires, qui ne déploreraient qu’un seul mort et quatre blessés. Les frappes de jeudi dernier auraient en outre permis de tuer un chef jihadiste local, Abou Alghabass Ichmali, « responsable d’exactions très graves contre les populations civiles », selon le communiqué de l’État-major diffusé dimanche 1er février, dans la soirée.
Bilans contestés
Mais de nombreuses sources locales contestent ces bilans officiels. RFI a contacté des ressortissants de la zone, des professionnels de la veille sécuritaire et des membres du FLA – une rébellion indépendantiste qui ne combat pas avec l’État islamique mais qui combat l’armée malienne. Ces sources font état de 8 à 11 morts et une quinzaine à une vingtaine de blessés côté Fama-MSA-Africa Corps jeudi dernier, et assurent que le bilan officiel des frappes aériennes de samedi est « très exagéré ». Ces sources ne rapportent que quelques victimes et des dégâts matériels légers.
Des versions contradictoires impossibles à vérifier. De nouveaux combats ont été rapportés ce lundi matin dans la zone, cette fois du côté nigérien de la frontière, où les jihadistes de l’EIS ont attaqué les localités d’Ayorou et Banibangou. Au moins trois soldats nigériens ont été tués à Ayorou, selon un bilan provisoire transmis de source sécuritaire nigérienne.
La branche sahélienne de l’État islamique a revendiqué pendant le week-end l’attaque de l’aéroport de Niamey, jeudi dernier, diffusant notamment des images de ses combattants se livrant à des destructions dans la zone militaire de l’aéroport.



