Mali: des habitants de Nioro du Sahel racontent le blocus jihadiste qui dure depuis cinq mois

Au Mali, cela fait cinq mois que la ville de Nioro du Sahel, dans le sud-ouest du pays, à la frontière mauritanienne, subit le blocus imposé par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda. Aujourd’hui, les habitants de cette localité vivent dans une situation extrêmement précaire. Les déplacements hors de la ville sont empêchés, les vivres et autres besoins de première nécessité se font rares.
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Avec la rédaction de RFI en fulfulde et mandenkan,
Les autorités étatiques sont toujours présentes à Nioro du Sahel. Fin novembre 2025, le gouverneur a même présidé une cérémonie de remise de matériel, dans l’enceinte du gouvernorat. Mais sans escorte militaire, la population ne peut rien faire. Car les jihadistes du Jnim maintiennent leur blocus sur la ville, comme en témoigne cette habitante.
« Tout est difficile ici. Toutes les routes menant à Nioro sont entre les mains des jihadistes : personne ne sort, personne ne rentre, sauf ceux qui le font en cachette. Et s’ils se font attraper, ils sont enlevés. Parmi ceux qui ont été pris récemment, certains ont été libérés, d’autres sont toujours prisonniers. Aujourd’hui, à Nioro, nous souffrons. Les difficultés augmentent chaque jour. Nous restons en vie grâce à Dieu, mais nous souffrons vraiment. »
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« Il y a une pénurie de certains produits comme la pomme de terre »
Les jihadistes du Jnim ciblent les habitants de Nioro du Sahel, parce qu’ils leur reprochent de soutenir les autorités et l’armée malienne.
Cet habitant explique les conséquences du blocus jihadiste sur l’approvisionnement de la ville. « À Nioro actuellement, toutes les routes sont coupées. Pour le moment, certains prix sont intacts sur les marchés, mais il y a une pénurie de certains produits comme la pomme de terre, l’igname ou même le gingembre, ce qui fait que les prix de ces produits ont augmenté. Le gingembre et la pomme de terre sont désormais vendus à 1 000 francs CFA le kilo, contre 600 auparavant. Les moutons, qui étaient vendus à 35 000 francs CFA, coûtent aujourd’hui 75 000 francs CFA. Nous lançons un appel à nos autorités, pour qu’elles redoublent d’effort afin d’assurer notre sécurité. »
L’armée malienne mène régulièrement des opérations dans la zone. Le 3 janvier, l’état-major affirmait avoir libéré un otage, « avec sa charrette » près du village de Gourel Hairé, au nord-ouest de Nioro, sans donner davantage de précisions.
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