Madagascar: une formation événementielle locale pour le grand défi du concert de Gazo et La Fouine

À Madagascar, le stade Barea accueille, vendredi 10 avril, ce qui devrait être son plus grand concert de l’année 2026. À l’affiche : Gazo et La Fouine, deux stars du rap français. Pour l’occasion, 20 000 billets ont été mis en vente. Mais organiser un événement d’une telle ampleur sur l’île reste un défi de taille, aussi bien sur le plan technique qu’humain. Depuis trois ans, la société de production à l’origine de ce rendez-vous a donc fait un pari : recruter et former elle-même ses équipes aux métiers de l’événementiel.

De notre correspondante à Antananarivo,

« Le projecteur 480, il faut le déplacer un tout petit peu sur la gauche ! » Sur scène, des dizaines de techniciens s’activent pour installer l’éclairage et la sonorisation. À quelques mètres de là, Faniry Zo Randria Narisoa, chef de projet Masterclass chez Nas Prod, briefe une vingtaine de stagiaires : « OK les gars, on est à quelques heures du concert, c’est une journée importante pour nous. Pour les équipes qui vont rester ici au bureau, vous gérez les appels VIP, VVIP et Platinium. »

Il y a deux ans, pour le concert de Dadju et Tayc, il était à leur place. Aujourd’hui, il pilote toute la formation des recrues, avant le concert de Gazo et La Fouine : « Le principe de la masterclass, c’est d’offrir des opportunités aux jeunes intéressés par l’événementiel. Parce que sur l’île, il n’existe aucune formation dédiée aux métiers de la production de grands événements. »

Communication, logistique, régie générale… Depuis deux mois, ces jeunes apprennent toutes les bases, directement sur le terrain : « Ils partent de zéro parce que sur l’île, il y a peu d’opportunités comme celle-ci. On les forme à une dizaine de métiers sans lesquels ce concert ne pourrait pas exister. »

Les consignes fusent toujours. « Toi Tantely, tu vas assurer la logistique : affichages et bidons de gasoil. » Tantely court partout : « Parfait. On va pouvoir les remplir de carburant. Ces 30 bidons vont nous servir à alimenter les groupes électrogènes, parce qu’à Madagascar, les coupures d’électricité sont fréquentes, donc on anticipe tout pour le concert. »

Il y a un an, la jeune femme était spectatrice au concert de Tiakola : « Je me suis dit que j’aimerais bien être dans leur équipe, être en contact avec des artistes internationaux. Quand j’ai vu l’annonce de recrutement il y a deux mois, j’ai tout de suite postulé. Aujourd’hui, j’y suis. C’est un rêve qui se réalise. » Devenue assistante du chef de projet, Tantely est désormais un maillon essentiel de l’organisation du concert.

Former pour produire. À Madagascar, ces initiatives comblent un vide, mais elles révèlent aussi une fragilité : celle d’un secteur encore dépendant de formations improvisées, au rythme des événements. Car derrière le spectacle, une question demeure : l’île peut-elle durablement faire émerger une industrie de l’événementiel sans filières structurées ?

Pour ces jeunes, l’enjeu dépasse le concert du 10 avril. Il s’agit d’apprendre un métier dans l’espoir qu’un jour, ces grandes scènes puissent être pensées, conçues et maîtrisées localement, de bout en bout.

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