Madagascar: troisième mandat d’arrêt international contre l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga

À Madagascar, un nouveau mandat d’arrêt international – le troisième – a été émis contre l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, considéré comme le « parrain » du régime déchu d’Andry Rajoelina. C’est ce qu’a annoncé le pôle anti-corruption, jeudi 5 mars 2026 au soir. Le magnat, actuellement détenu à Maurice, est cette fois-ci recherché pour des faits de corruption dans le secteur minier. Il a, selon la justice, détourné plusieurs millions de dollars.
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Avec notre correspondant à Madagascar, Guilhem Fabry
Les faits remontent à 2023, lorsque la société d’État Kraoma décide de confier l’exploitation de la mine de chrome de Brieville, dans le centre de Madagascar, à l’entreprise grecque Dana Minerals. Une somme de 35 millions de dollars lui a alors été demandée, sous forme de droit d’entrée et d’indemnisation pour un précédent investisseur.
Pas conforme
Or, l’existence de ce droit d’entrée n’est pas conforme aux règles d’attribution des marchés publics, relève le Bureau indépendant anti-corruption, qui a mené l’enquête. Une partie du montant, cinq millions de dollars, a été versée sur le compte d’une société écran basée à Maurice, Island Partners. Les enquêteurs ont découvert que son adresse de domiciliation était identique à celle de Madarail Holding, une société liée à Mamy Ravatomanga.
Dans cette affaire, le magnat est poursuivi avec quatre autres personnes pour « trafic d’influence », « octroi d’avantages injustifiés », « corruption » et « blanchiment d’argent ». Il est déjà visé par deux autres mandats d’arrêt internationaux : l’un pour une entente sur les prix dans la filière litchis, l’autre pour la livraison clandestine d’avions Boeing à l’Iran.
Détention préventive
À noter que dans cette affaire des Boeing, le pôle anti-corruption de Madagascar a également annoncé, ce vendredi 6 mars, le placement en détention préventive de Valéry Ramonjavelo, ministre des Transports sous Andry Rajoelina. Il est mis en examen pour « corruption », « abus de fonction » et « blanchiment d’argent ».
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