Madagascar : Secteur pétrolier – Siteny Randrianasoloniaiko annonce l'arrivée d'opérateurs russes

La nouvelle a reçu un standing ovation de la part des membres de la diaspora malagasy en France.
Une déclaration qui fait l’effet d’une bombe
Le secteur pétrolier figure parmi les sujets sensibles abordés lors de la rencontre entre la délégation dirigée par le président de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), Michaël Randrianirina, et les membres de la diaspora malagasy à Paris, en France.
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Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a profité de l’occasion pour annoncer de manière très solennelle que « nous allons nouer de nouvelles coopérations avec d’autres opérateurs pétroliers. D’ailleurs, les contrats de l’État avec les quatre opérateurs opérant actuellement à Madagascar prendront fin au mois de mai prochain ».
Selon le numéro 1 du perchoir de Tsimbazaza, le gouvernement entend engager de nouveaux contrats dans le but de faire concurrence aux quatre pétroliers qui assurent déjà l’approvisionnement sur le plan national.
En outre, à travers cette annonce du numéro 1 de la Chambre basse, on pourrait croire qu’une résiliation, ou un non-renouvellement (c’est selon, car le résultat reste le même), du contrat des quatre opérateurs est fortement envisagé. Devant des membres de la diaspora survoltés, Siteny Randrianasoloniaiko a affirmé que « des pétroliers russes et qataris vont prochainement arriver à Madagascar ».
Dans la façon de l’exprimer, l’annonce a été accueillie comme une bonne nouvelle, sous les applaudissements des membres de la diaspora en France. D’autant plus qu’au cours de la même rencontre, le président Michaël Randrianirina a révélé l’existence d’un monopole dans plusieurs secteurs, comme l’énergie, incluant les carburants et les télécommunications.
À souligner que les deux chefs d’institution étaient assis côte à côte lors de cette annonce fracassante. Ceci explique que le sujet a déjà été discuté en haut lieu. L’objectif du régime de la Refondation serait donc de libéraliser le secteur pétrolier, mais à quel prix ?
Répercussions
Avec le recul, une telle déclaration pourrait avoir des répercussions aussi bien sur le plan économique que diplomatique. D’abord, le fait qu’une telle annonce ait été faite par le président de l’Assemblée nationale et non par le président de la Refondation ou, au moins, par le Premier ministre ou un autre membre du gouvernement, en l’occurrence le ministre de l’Énergie, pourrait déjà être sujet à polémique.
Quid du principe de la séparation des pouvoirs ? Depuis le début de ce régime de transition, on voit bien que Siteny Randrianasoloniaiko est sur tous les fronts. C’est toujours lui qui annonce les grandes décisions, aussi bien économiques que diplomatiques et stratégiques.
Sur le plan économique, en effet, une décision aussi radicale, prise en pleine période transitoire, risque de mettre à mal les relations de l’État avec les opérateurs pétroliers. Faut-il rappeler que l’État, à travers la Jirama, doit encore plusieurs milliards d’ariary d’arriérés à ces opérateurs pétroliers.
Sur le plan diplomatique, la déclaration de Siteny Randrianasoloniaiko, qui affiche ouvertement une coopération énergétique avec la Russie, risque également de faire des étincelles.
En effet, quoi qu’on dise, la Russie demeure encore sous embargo international, à la suite des sanctions des pays de l’Union européenne, à cause de la guerre engagée en Ukraine depuis maintenant quatre longues années.
La question est alors de savoir si, en faisant une telle annonce durant un déplacement en terre française, le numéro un de la Chambre basse n’est pas en train de jouer avec le… feu.


