Madagascar: Rugby à VII – Tournoi AROI, un tremplin régional révélateur de nouveaux talents

Le tournoi AROI révèle chaque année de jeunes talents de l’océan Indien, surtout malgaches. Mais pour transformer l’essai au plus haut niveau, l’appui de l’État reste indispensable.
Depuis sa mise en place, le tournoi AROI (Association de Rugby de l’Océan Indien) s’est affirmé comme une vitrine incontournable du rugby à VII dans la région. Né au tournant des années 2010, le tournoi AROI a grandi au rythme des ambitions du rugby régional, réunissant les sélections jeunes de Madagascar, de La Réunion, de Maurice, de Mayotte ou encore des Comores dans un cadre propice à l’émergence des talents. L’édition 2026 vient de se terminer le samedi 4 avril avec la domination sans partage des Malgaches sur les trois finales jouées.
Sur le terrain, les jeunes Malgaches dominent régulièrement les débats, portés par une culture du rugby profondément enracinée dès le plus jeune âge et un vivier de joueurs particulièrement riche. Cette réalité se retrouve aujourd’hui au plus haut niveau : plusieurs éléments issus de l’AROI composent l’équipe nationale des Makis à VII, vice-champions d’Afrique, ainsi que l’équipe féminine présente au Mondial 2022, tandis que d’autres ont su rebondir vers le rugby à XV en intégrant le Top 12 local, avec, pour les plus chanceux ou chanceuses, la possibilité de tenter des expériences à l’étranger.
Des moyens limités
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Le tournoi ne profite pas uniquement à Madagascar. Certains joueurs réunionnais révélés dans cette compétition ont franchi un cap important et évoluent désormais dans des clubs du Top 14 ou de Pro D2, comme Yohan Le Bourhis ou Louis Bielle-Biarrey, preuve que l’AROI constitue une véritable passerelle vers le haut niveau. Cette dimension régionale renforce son importance stratégique dans l’organisation du rugby dans l’océan Indien.
Malgré ce rôle central, le développement du rugby malgache reste confronté à un obstacle majeur : le manque de financement. Les compétitions internationales, essentielles pour faire progresser les joueurs, nécessitent des moyens conséquents, que la fédération peine encore à réunir seule.
Le président de Malagasy Rugby, Marcel Rakotomalala, alerte régulièrement sur les retards d’accompagnement de l’État. Les promesses d’aide pour les déplacements et les participations aux tournois internationaux tardent à se concrétiser, fragilisant la préparation des sélections nationales.
« Malagasy Rugby est la seule fédération à avoir envoyé trois équipes nationales, soit 85 membres de délégation, disputer des compétitions internationales sans avoir obtenu de l’État le remboursement des frais y afférents. À chaque occasion, je ne me lasse pas de lancer un appel, car ce retard de remboursement affecte la trésorerie de Malagasy Rugby », confie Marcel Rakotomalala.
Pourtant, les enjeux sont considérables. Le rugby à VII, discipline olympique, représente une opportunité unique de visibilité pour Madagascar. Les performances récentes des Makis (vice-champions d’Afrique de rugby à VII) montrent que le potentiel est bien réel, mais sans un soutien structuré logistique, financier et institutionnel, la progression pourrait rapidement atteindre ses limites. Plus que jamais, l’implication de l’État apparaît comme un levier déterminant pour transformer ce potentiel en réussite durable.



