Madagascar: quelles solutions pour éviter les inondations à Antananarivo?

Douze décès et près de 85 000 sinistrés : c’est le dernier bilan du passage de la tempête tropicale Fytia qui a traversé Madagascar d’ouest en est le week-end dernier. Si, dans les zones directement touchées, les dégâts matériels ont été importants, la capitale, Antananarivo, s’est elle aussi retrouvée les pieds dans l’eau. Cette semaine encore, des alertes aux crues des trois rivières qui entourent la capitale ont été émises, annonçant un risque d’inondation élevé et imminent. Que faire pour limiter ces inondations récurrentes et incontrôlées ? Et pourquoi ces scénarios se répètent-ils chaque année ?
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Avec notre correspondante à Madagascar, Sarah Tétaud
Les inondations dont est régulièrement victime la capitale malgache ont deux origines principales : les crues des trois rivières qui serpentent dans la plaine d’Antananarivo, et les difficultés d’évacuation des eaux de pluie hors de la ville.
Pour protéger la ville des inondations fluviales, la ville s’est dotée, dans les années cinquante, de digues, permettant de canaliser les cours d’eau. Mais aussi d’un réseau de drainage composé de petits caniveaux, de moyens et gros canaux destinés à acheminer l’eau hors de la capitale.
« Zones tampon »
« Ces gros canaux transportent l’eau vers des zones tampon ou vers des exutoires. Les zones tampon permettent de stocker temporairement les eaux pour éviter qu’elles n’envahissent les habitations », explique Gaël Raserijaona, spécialiste en développement urbain. Problème : la plaine d’Antananarivo est une zone très plate, où l’eau circule difficilement.
Les experts ont identifié deux solutions, chacune présentant toutefois des limites. La première consiste à augmenter le nombre de bassins tampons à l’intérieur de la capitale. Il en existe déjà plusieurs — comme le lac Behoririka, le lac Anosy ou encore le marais Masay — mais leur capacité reste insuffisante.
« Une urbanisation très anarchique »
« C’est tout le défi, poursuit Gaël Raserijaona, car il s’agit de zones marquées par une urbanisation très anarchique. Des habitations ont été construites sur ces bassins, ce qui limite à la fois leur nombre et leur superficie, et réduit donc leur capacité de stockage de l’eau. Si l’on ne parvient plus à trouver d’espaces disponibles dans la capitale, il faut alors augmenter la capacité de pompage. »
Aujourd’hui, la station de pompage d’Ambodimita, la plus importante de la capitale de Madagascar, peine à assurer seule l’évacuation des eaux de pluie. L’objectif est désormais de doubler sa capacité (passer de 9 à 18m3 par seconde), mais aussi d’ajouter deux à trois stations de pompage supplémentaires en amont de la plaine. De nouveaux équipements qui devraient être financés par la Banque mondiale d’ici à 2030.
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