Madagascar: les pluies et inondations font une dizaine de morts et un millier de sinistrés à Antananarivo

À Madagascar, les fortes intempéries depuis le début de cette saison des pluies ont déjà provoqué 11 décès dans la capitale et ses environs. Les inondations, quant à elles, ont fait plus de 1 000 sinistrés. Un scénario qui se répète année après année. Les eaux de pluie n’arrivent plus à s’évacuer vers les deux rivières de déversement, l’Ikopa et la Mamba, situées autour de la capitale. Les causes de ces inondations sont pourtant bien connues.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud
Ces images de quartiers entièrement sous les eaux n’ont, depuis des années, plus rien d’exceptionnel : à chaque pluie violente, des milliers de mètres cubes d’eau se déversent dans la capitale et affluent vers les zones basses, pour se retrouver bien souvent bloqués dans des quartiers identifiés. Résultat : des inondations à répétition, et un quotidien de plus en plus difficile pour les habitants.
« Il y a des zones dans la commune urbaine d’Antananarivo qui sont des zones inondables ou des bassins tampons, pour stocker l’eau en attendant que les canaux de drainage puissent évacuer l’eau petit à petit vers les exutoires », explique Tahiana Andriamanantena, experte en hydraulique urbaine.
Ces zones non constructibles sont censées recueillir 15 millions de mètres cubes d’eau, selon le schéma directeur d’assainissement de la capitale. Problème : « On rencontre quand même des constructions actuellement à l’intérieur de ces zones-là, poursuit Tahiana Andriamanantena. Et ces constructions illicites diminuent le volume d’eau que la zone devrait stocker. Il faudrait sécuriser ces zones-là et plutôt donc améliorer les autres zones pour qu’on puisse plutôt faire les extensions urbaines dans les zones où on peut construire. »
Le nouveau gouvernement et son ministère de l’Aménagement du territoire n’ont, pour l’heure, pas encore donné de ligne claire sur leur volonté de prendre — ou non — des décisions fermes à l’encontre des propriétaires ne respectant pas les plans d’urbanisme en vigueur.
Les remblais et constructions illicites ne sont toutefois pas les seules causes des inondations. Deux autres problèmes majeurs s’y ajoutent, souligne Tahiana Andriamanantena : « la vétusté des infrastructures de drainage », dont certaines datent de l’époque coloniale, et leur manque d’entretien. Ainsi que « l’incivisme de la population », lorsque les déchets solides jetés dans les canaux finissent par les obstruer.



