Madagascar: les autorités de transition visées par des accusations de corruption

À Madagascar, la vidéo d’un colonel portant des accusations de corruption contre le régime de transition suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux. Ce militaire, Patrick Rakotomamonjy a été l’éphémère directeur du « Bureau des doléances » de novembre 2025 à janvier 2026, un organe placé auprès de la présidence. Une période au cours de laquelle il affirme avoir été témoin de pratiques douteuses.
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Avec notre correspondant à Antananarivo, Guilhem Fabry
Au cours de son bref passage à la tête du « Bureau des doléances », le médecin-colonel Patrick Rakotomamonjy affirme avoir reçu les témoignages de ministres en fonction, victimes, selon ses dires, d’intimidations de Koufali Daya, un homme d’affaires membre de la famille du président de la Refondation.
Dans cette vidéo de 9 minutes, relayée sur Facebook par le principal compte de la « Gen Z » et par plusieurs influenceurs malgaches, le colonel dénonce des « cadeaux douteux » au plus haut sommet de l’État et dit vouloir porter plainte contre Michaël Randrianirina, les quatre haut-conseillers de la Refondation, Koufali Daya et Siteny Randrianasoloniaiko, le président de l’Assemblée nationale.
Sollicité par RFI, le directeur de la communication de la présidence, Rolly Mercia, a réagi à cette vidéo tournée depuis un lieu inconnu en fustigeant « un délire ne méritant pas la moindre attention ».
En tant que directeur du Bureau des doléances, Patrick Rakotomamonjy était notamment chargé de « mener des investigations (…) sur la corruption ou l’abus commis par tout responsable auprès de l’Administration publique » selon le décret actant sa nomination en novembre 2025. Aucune explication officielle n’a accompagné son limogeage, le 20 janvier.
Ce colonel est un habitué des vidéos coup de poing. En mai 2025, il avait déjà accusé l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga de faits de corruption. Transparency International avait alors réagi en appelant à protéger les lanceurs d’alerte.



