Madagascar: la filière textile dans l’expectative après la suspension temporaire des droits de douane américains

Après plusieurs mois d’incertitude et une expiration technique de l’accord à l’automne dernier, l’Agoa a finalement été reconduit par Washington mardi 3 février. Ce pacte commercial, qui permet d’exporter sans droits de douane vers les États-Unis, est vital pour Madagascar, premier fournisseur africain de vêtements du marché américain. Seulement, le renouvellement n’est que d’un an. Une visibilité réduite qui inquiète les industriels et les quelque 110 000 travailleurs du secteur, alors que la concurrence asiatique ne faiblit pas.
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Avec notre correspondante à Antananarivo, Aurélie Kouman
Le texte a beau être ratifié aujourd’hui, l’incertitude est encore très forte. Le vide tarifaire de l’automne dernier a brisé la dynamique des exportations. Sur place, les professionnels constatent une érosion de la confiance chez les acheteurs américains.
« Le moment où les entreprises textiles subissent le plus de conséquences néfastes de la rupture de l’Agoa de l’année dernière, c’est maintenant », explique Andry, cadre dans le textile qui redoute un désintérêt durable pour la Grande Île. « Les conclusions de contrat de l’année dernière ont été achevées, mais après ça, il n’y avait plus de contrat entre nous et les entreprises américaines. Est-ce que les entreprises seront tentées de revenir à Madagascar ? Non ».
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Rétroactivité des taxes
À Washington, l’ambassade mise sur la rétroactivité des taxes pour soulager les trésoreries et préparer l’après-2026. Lantosoa Rakotomalala, l’ambassadrice de Madagascar aux États-Unis, plaide pour une refonte stratégique du dispositif.
« L’extension d’une année qui est là aujourd’hui jusqu’à fin 2026 est notamment prévue pour améliorer d’une façon stratégique l’Agoa », indique-t-elle. « Nous allons travailler ensemble, à améliorer le dispositif pour répondre au besoin de bénéfices mutuels et de prospérité économique partagée entre le continent africain et les États-Unis ».
Madagascar dispose désormais de dix mois pour stabiliser ses exportations avant le prochain arbitrage du Congrès américain.
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