Madagascar: en pleine «Refondation», le président Randrianirina dissout le gouvernement

À Madagascar, dix jours seulement après avoir transmis le calendrier de la transition à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le colonel Michaël Randrianirina a brutalement décidé de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement. Entre promesses de résultats non tenues, ultimatum de la jeunesse et pression d’une société civile qui dénonce une dérive autoritaire, le pouvoir de la Refondation opère un virage risqué pour tenter de reprendre la main. 

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Aurélie Kouman

Dans la capitale malgache, c’est un revirement total au sein de la classe politique. Lundi 9 mars, le colonel Michaël Randrianirina a annoncé, par un communiqué laconique, la dissolution du gouvernement d’Herintsalama Rajaonarivelo. En attendant, et si la décision n’a pas été explicitée par le pouvoir, pour de nombreux observateurs, l’exécutif semble payer son inertie face à l’augmentation des contestations.

En effet, les organisations de jeunesse avaient haussé le ton ces derniers jours. Une colère illustrée ce week-end notamment par la mobilisation des générations Y et Z au stade Barea de Mahamasina. Lundi encore, ces mouvements de jeunes avaient lancé un ultimatum au Premier ministre pour exiger son départ, ainsi qu’une dissolution du gouvernement.

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Quelle suite pour la transition ? 

Mais le malaise est plus profond. Dans un communiqué du 18 février, un large collectif d’organisations de la société civile dénonçait déjà un manque de transparence du pouvoir de transition.

Cette dissolution intervient alors que les autorités venaient de franchir une étape clé : la remise à la SADC, le 28 février, d’un chronogramme sur deux ans pour une Refondation du pouvoir. Plus tôt en février, le président de la refondation de Madagascar s’était rendu à Moscou, puis à Paris, pour « recentre[r] sa diplomatie sur les besoins des Malgaches, en rupture » avec « l’ancien régime ». 

Tout l’enjeu réside désormais dans le choix du futur Premier ministre. La coutume malgache l’impose : le président étant originaire d’une région côtière, son chef de gouvernement devra être issu des Hauts Plateaux, pour garantir un équilibre géographique au sommet de l’État. 

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