Madagascar: des membres de la Gen Z commémorent les 79 ans d’une insurrection anticoloniale

Quelques dizaines de membres de la Gen Z se sont réunis dimanche 29 mars 2026 à Antananarivo pour commémorer l’insurrection du 29 mars 1947 contre la domination coloniale française. La répression qui s’ensuivit causa la mort de 10 000 à 40 000 Malgaches, selon les estimations des historiens. En commémorant cette page très douloureuse, ces membres du mouvement fer de lance du soulèvement populaire de 2025 veulent raviver le sentiment patriotique au sein de la jeunesse de la Grande Île.
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Avec notre correspondant à Antananarivo, Guilhem Fabry
Une gerbe de fleurs portant l’inscription « Gen Z 2025 » est déposée au centre de la place d’Ambohijatovo. C’est ici que se trouve une stèle commémorative des événements de 1947. C’est ici aussi que les jeunes se sont rassemblés par milliers en octobre dernier dans les jours précédant la chute du régime d’Andriy Rajoelina.
Felana, 30 ans, porte un tee-shirt noir avec le symbole de la Gen Z à Madagascar. « Le 29 mars, c’est une date précieuse pour les Malgaches, lance-t-il. Aujourd’hui, rien n’a encore été fait de la part du gouvernement français pour s’excuser et réparer cette erreur. Le mouvement Gen Z 2025 est une continuité de cette lutte menée en 1947, car on demande toujours la même chose : une vraie indépendance pour les Malgaches, un gouvernement qui travaille pour les Malgaches. On veut être souverains, on veut une place pour Madagascar dans le monde, en raccord avec notre culture ».
Les jeunes présents se posent en héritiers des insurgés de 1947. Il y a quelques mois, dans les rues, ils ont aussi repris un chant du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), parti indépendantiste de l’époque.
« C’est un parallèle, le même appel à la jeunesse »
Rocks est l’un des instigateurs du mouvement Gen Z. « L’hymne du MDRM appelle les jeunes à se lever pour la patrie, rappelle-t-il. Je pense qu’il était temps aussi en septembre 2025 d’appeler les jeunes. Donc, c’est un parallèle : le même appel à la jeunesse. La plupart des jeunes qui se sont retrouvés dans les rues en septembre ont pensé que le patriotisme consistait à évincer Rajoelina, car c’était l’ennemi commun. On disait que c’était un Français et c’est pour cela qu’on a utilisé cette chanson. Mais le vrai combat ne s’arrête pas à l’ancien président : c’est un combat pour détruire le système de capture de l’État et de verrouillage économique ».
En visite sur la Grande Île il y a un an, le président français Emmanuel Macron avait annoncé la création d’une commission mixte d’historiens franco-malgache autour de 1947. Un projet de recherches aujourd’hui au point mort.
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