Madagascar: à Tamatave, la rentrée des classes reprend malgré les traumatismes laissés par le cyclone Gezani

À Tamatave, dans l’est de Madagascar, la rentrée scolaire a repris lundi 23 février au milieu des débris, quelques jours seulement après le passage destructeur du cyclone Gezani. Malgré les dégâts importants, la quasi-totalité des écoles a rouvert, permettant à de nombreux enfants de retourner en classe, non sans appréhension.
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Ce week-end, face aux établissements endommagés par le cyclone Gezani, l’Unicef, l’agence des Nations unies pour l’enfance, a commencé à installer des tentes à proximité de certains établissements de Tamatave pour que les enseignants puissent continuer à faire classe.
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Environ 75 % des élèves étaient présents pour ce premier jour de classe. Une reprise progressive, centrée en priorité sur les classes d’examen. « Le ministère a décidé de rouvrir les classes d’examens d’abord. Donc ça va se passer progressivement. C’est pour cela que nous sommes déployés sur le terrain pour assurer cette reprise des cours », explique Francis Randriamanantena, responsable pédagogique à l’agence onusienne.
Notre intervention est vraiment focus sur les installations d’espaces temporaires d’apprentissage en installant des tentes pour servir de salles de classe provisoires. Ce sont des tentes à ossature métallique de 48 mètres carrés pour une salle de classe. Il y a encore des salles de classe qui sont vraiment disponibles à l’usage pédagogique. Nous appuyons à la désinfection aussi de ces salles de classe pour permettre vraiment aux élèves de retourner dans chaque classe.
Francis Randriamanantena, responsable pédagogique
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Éviter le décrochage scolaire
Chez les élèves, « le sentiment est un peu partagé ». L’envie de reprendre les cours et de rattraper le retard côtoie une peur encore très présente. « Ils sont pressés de revenir, surtout ceux des classes d’examen, mais ils ont aussi peur. Ils se demandent s’ils pourront continuer les cours normalement après ces dégâts », confie Francis Randriamanantena.
Pour répondre à cette inquiétude, l’Unicef mobilise également ses équipes de protection de l’enfance, afin d’apporter un soutien psychosocial aux élèves touchés par la catastrophe. Les risques restent nombreux : décrochage scolaire, perte d’apprentissage, exposition à la délinquance. Autant de scénarios que les autorités éducatives et leurs partenaires cherchent à prévenir en favorisant un retour à l’école.
Au sein de l’Unicef aussi, nous avons la section protection des enfants, qui pourra donc assurer les appuis psychosociaux à ces enfants-là. Les risques sont vraiment beaucoup, déjà d’abord le décrochage scolaire, ça va engendrer une délinquance au niveau de ces enfants-là. Il y a aussi donc une perte de l’apprentissage. Donc c’est ça qu’on essaie d’éviter en ce moment. On essaie de faire revenir ces enfants progressivement en ayant cette stratégie de priorisation des élèves en classe d’examen d’abord.
Francis Randriamanantena, responsable pédagogique à l’Unicef
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