L'unique champ pétrolier de Madagascar relance son activité à gros potentiel

L’unique champ pétrolier de la Grande-Île a relancé son activité début mars 2026, après dix ans d’interruption. Selon Madagascar Oil, la société exploitante, le site de Tsimororo pourrait fournir du carburant à la Jirama. La société publique de production et de distribution d’eau et d’électricité de Madagascar en a besoin pour alimenter ses centrales thermiques.

Le site de Tsimororo n’est resté actif que quelques mois, en 2016, avant que la production ne soit stoppée, officiellement à cause des faibles prix du pétrole, puis de la pandémie de Covid-19. Mais depuis début mars 2026, les 25 puits existants sont remis en service, et jusqu’à 150 puits supplémentaires seront forés d’ici fin 2027 selon Yanto Sianipar, nouvel administrateur général de Madagascar Oil, société exploitante détenue par le groupe américano-indonésien Benchmark.

« Ce gisement présente un fort potentiel, avec environ 1,6 milliard de barils enfouis. Nous espérons qu’il permettra de répondre aux besoins nationaux, notamment ceux de la Jirama pour ses centrales électriques. Nous prévoyons de faire passer notre production d’environ 300 barils par jour aujourd’hui à 3 000 barils par jour d’ici deux ans », détaille-t-il.

Une production relancée mais encore limitée

Un volume de production assez proche, à terme, des besoins en carburant de la société nationale d’eau et d’électricité, estimés à 3 500 barils par jour. Mais Honoré Andriantaolo, directeur général de l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS), se montre prudent :

« Je pense que la question demande une réflexion très sérieuse et que les trois parties, Madagascar Oil, la Jirama et l’OMNIS, devraient faire des études très pointues sur ce point. Tsimororo pourrait résoudre une partie de notre problème de dépendance extérieure, mais non pas tous les besoins énergétiques de Madagascar. Cela dépend de la compagnie productrice, de sa capacité technique et financière. »

Relancer l’exploration pour attirer les investisseurs

Pour réduire cette dépendance énergétique, les autorités de transition veulent relancer l’exploration pétrolière. « Le potentiel existe pour les grandes compagnies ici à Madagascar. Pour l’exploitation d’hydrocarbures en amont, nous disposons de 577 blocs offshore et 166 blocs onshore, libres », poursuit Honoré Andriantaolo.

Des zones délimitées en mer, dans les eaux territoriales malgaches, et sur terre, où des systèmes pétroliers actifs ont été découverts. Mais la Grande-Île n’est pas encore assez attractive, estime Marcelle Dane, présidente de l’Association professionnelle du secteur pétrolier amont à Madagascar : « L’exploration pétrolière a commencé en 1900. Beaucoup de données existent, on ne part pas de zéro. Le seul problème jusqu’à présent qui a un peu arrêté les investisseurs – c’est pour ça qu’ils sont partis ​​​​​​​–, c’est la TVA qui est à 20% pour les sous-traitants. »

En février, les autorités malgaches ont résilié 21 permis d’exploration. Un assainissement qui doit précéder l’adoption prochaine d’un nouveau code pétrolier.

À lire aussiMadagascar: la guerre au Moyen-Orient met l’approvisionnement en carburant sous tension

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close