Lors de la korité, fête de fin du ramadan: les habits traditionnels marocains ont toujours la cote

Caftan, jellaba, babouche, les habits traditionnels marocains ont la côte en Afrique de l’Ouest pour la Korité, la fête qui marque la fin du ramadan, où il est de coutume de porter des habits neufs. Au Maroc, la diaspora, mais aussi les commerçants viennent s’approvisionner dans l’un des plus grands marchés d’artisanat du pays, à Casablanca.
De notre correspondant à Casablanca,
Empilés, à même le trottoir, des dizaines de modèles différents sous blister. Les boutiques entreposent leurs collections jusque sous les arches en pierre centenaires du marché des Habous. Hassan a des sacs plein les bras. « C’est une belle jellaba bleue. Il y a aussi d’autres couleurs comme le marron. »
Ce Sénégalais travaille dans un centre d’appel, mais il fait aussi un peu de commerce. « Je suis venu au marché aujourd’hui pour acheter des jellabas de femme et d’homme aussi pour les envoyer au Sénégal. En général, toutes les personnes aiment ce genre d’habillement parce que c’est beaucoup plus chic. Par exemple, une jellaba qu’on me vend à 12 000, je peux la vendre à 14 000 pour prendre une commission de 2 000 », détaille Hassan. Soit environ 3 euros. « Je le fais juste pour satisfaire les gens qui me sont proches. »
Au marché des Habous, l’Afrique de l’Ouest est représentée pour la korité
Ici, on parle le dialecte marocain, mais aussi wolof, pulaar… Toute l’Afrique de l’Ouest est représentée pratiquement parmi les clients. La finale de la CAN n’a pas fait baisser l’engouement pour la culture marocaine. Un acheteur sénégalais le confirme. « Il y a eu quelques soucis lors de la CAN, mais maintenant c’est réglé. C’est déjà oublié parce qu’entre le Maroc et le Sénégal, il y a une relation forte. On est de la même famille, on a les mêmes cultures parce qu’on est des musulmans. Tous les musulmans portent ça. »
Aïcha, 39 ans, vient de passer deux heures dans le marché. « C’est la journée shopping. On en profite pour acheter des cadeaux pour les enfants au Sénégal, les mamans et les papas. Chaque année, nous sommes là durant la fête de l’Aïd. »
« On s’habille de manière traditionnelle avec les tenues marocaines »
Elle connaît les vêtements marocains depuis qu’elle est toute petite. C’est l’un des meilleurs rapports qualité-prix.
« On a l’habitude à chaque fois, c’est comme ça. On s’habille de manière traditionnelle avec les tenues marocaines ou bien on coud les tissus, soit du bazin riche ou bien brodé, ça dépend de la qualité ou bien des moyens aussi. Si tu as les moyens, tu peux coudre, si tu n’as pas les moyens, tu peux acheter les jellabas déjà faites », précise Aïcha.
Les commerçants marocains se sont adaptés à cette clientèle. En vitrine ce jour-là, des tarbouches, des couvre-chefs traditionnels frappés de l’écusson des Fédérations de football du Mali et du Burkina Faso.



