L’OM et les joueurs algériens : une histoire d’amour ancienne… et inachevée avant Himad Abdelli

Avec la signature d’Himad Abdelli, l’Olympique de Marseille perpétue une histoire : celle des joueurs algériens sous le maillot phocéen. Une tradition naturelle à bien des égards, très symbolique… mais qui mérite mieux sportivement.

Courtisé de longue date par l’OM, Himad Abdelli s’est engagé ce lundi jusqu’en 2030 après de longues négociations avec le SCO d’Angers. Le club phocéen aurait déboursé environ 3 M€ (hors bonus) pour le milieu de 26 ans, désormais ex-patron de l’entrejeu angevin. Annoncé aussi du côté de Lyon, Abdelli avait fait de Marseille sa priorité.

Reste désormais à savoir s’il saura franchir l’écart considérable entre Angers et Marseille, mieux que le Marocain Azzedine Ounahi par exemple, et surtout supporter la pression permanente du Vélodrome, souvent déterminante dans la réussite, ou l’échec, des recrues, indépendamment de leur talent.

Marseille – Algérie : un lien presque évident

Le lien entre l’OM et l’Algérie dépasse largement le cadre du football. la ville provençale fait littéralement face à l’Algérie, avec laquelle elle partage une culture méditerranéenne forte, notamment avec le nord du pays. Véritable ”soeur” d’Alger, Marseille compterait environ 31 000 Algériens (Insee), et jusqu’à 260 000 personnes ayant un lien direct avec l’Algérie (descendants, binationaux…), d’après la socio-historienne Samia Chabani. Un chiffre qui ferait de Marseille la cinquième ville d’Algérie devant Blida en termes de population !

Dans ce contexte, voir des internationaux algériens porter le maillot olympien a toujours eu une portée particulière.

Ahmed Ben Bella, un président à l’OM !

L’histoire commence très tôt. Dès les années 1940, un certain Ahmed Ben Bella porte les couleurs de l’OM. Oui, le futur premier président de la République algérienne (1962-1965) a joué à l’OM. L’anecdote, relatée, entre autres, par le journaliste Nabil Djellit, est fascinante : l’icône de la révolution algérienne joue avec l’équipe de France militaire, puis dispute au moins un match officiel avec Marseille en Coupe de France en 1940, marquant même lors d’un succès 9-1 face à Antibes.

Sa prometteuse carrière de footballeur s’arrêtera rapidement, la Seconde Guerre mondiale puis l’Histoire en décideront autrement. Mais le symbole est immense.

Des années 1980 aux figures marquantes

Apres l’indépendance en 1962, il faudra attendre les années 1980 pour voir des Algériens à l’OM. L’ailier gauche Ali Bouafia ouvre la voie (1987-1988), avant l’arrivée de profils plus marquants.

Entre 2000 et 2003, un certain Djamel Belmadi y dispute 75 matchs, au sommet de sa carrière de joueur, bien avant de devenir le sélectionneur mythique et volcanique des Fennecs, qu’il mènera au titre de champion d’Afrique en 2019.

Djamel Belmadi, OM
Djamel Belmadi
© Iconsport

Mais le record appartient à Brahim Hemdani. Le défenseur jouera 127 matchs entre 2001 et 2005, brassard de capitaine au bras et finaliste de la Coupe de l’UEFA 2004, à l’époque de Didier Drogba et Mido.

Ziani, Bennacer… et des regrets

Difficile de ne pas citer Karim Ziani, tête d’affiche d’El Khadra dans les années 2000. Ses 68 matchs à l’OM restent une référence, même si sa trajectoire marseillaise n’a jamais totalement atteint les sommets espérés.

D’autres, natifs de la région, n’ont jamais réussi à s’imposer malgré leur attachement au club, comme Salim Arrache (2007-2009) ou Foued Kadir (2013-2015). Billel Omrani, éternel espoir formé au club, a, lui, été préféré à l’époque à un certain Riyad Mahrez au centre de formation.

Plus récemment (2025), un autre enfant de la région, Ismael Bennacer, a laissé un goût d’inachevé, freiné par les blessures lors de son prêt, tandis que Amine Gouiri est aujourd’hui l’autre représentant algérien du vestiaire marseillais.

Abdelli, enfin ?

Malgré une connexion culturelle évidente, aucun Algérien n’a réellement marqué l’OM de manière indiscutable et durable au plus haut niveau européen. Beaucoup d’attentes, de symboles, mais souvent une impression de rendez-vous manqué.

Si les Algériens ne peuvent pas revendiquer le directeur sportif et ancien international marocain Mehdi Benatia, dont la mère est pourtant algérienne, ils espèreront voir Gouiri et désormais Himad Abdelli aider le club écrire une histoire plus aboutie. Le contexte est là. Reste désormais le plus dur : s’imposer dans le bouillonnant Vélodrome.


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