L'officier de la DGSE détenu au Mali n'a toujours pas vu d'avocat

Cela fait sept mois que Yann Vézilier, officier français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), est prisonnier au Mali. Arrêté le 14 août 2025 en même temps qu’une dizaine de militaires maliens, cet agent des services français, accrédité comme tel auprès des autorités maliennes, est accusé d’avoir participé à un complot pour renverser les autorités de transition. Bamako et Paris restent parfaitement silencieuses sur son sort, mais un article publié ce 11 mars par nos confrères de Jeune Afrique révèle quelques informations sur ses conditions de détention.

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Yann Vézilier est détenu par la Sécurité d’État, les services maliens de renseignement. Jeune Afrique a pu localiser précisément où : dans la Base aérienne 100 (BA-100) de Bamako, près du quartier d’ACI 2000, au cœur de la capitale. Les militaires maliens également accusés d’avoir comploté contre la Transition sont détenus dans la même base.

Après avoir subi « dans les premières semaines (…), un régime de détention particulièrement strict, celui-ci semble s’être progressivement assoupli », selon Jeune Afrique, qui cite une source sécuritaire malienne assurant qu’« il mange et boit ce qu’il veut » et qu’un espace a été mis à sa disposition pour faire du sport.

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Les autorités françaises ont pu entrer en contact avec lui. Physiquement ? Par téléphone ? Ce point reste inconnu, mais l’officier français n’a toujours pas rencontré d’avocat, alors qu’il est détenu depuis sept mois et qu’il est visé par une enquête judiciaire pour « actes portant atteinte à la sécurité de l’État malien, à la stabilité des institutions et à la souveraineté nationale ». Des accusations que Paris estime, depuis le début de l’affaire, « ​​​​​​​sans fondement ».

Yann Vézilier était deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Bamako, avec un statut de diplomate lui offrant, théoriquement, l’immunité. Il était également accrédité officiellement en tant qu’agent de la DGSE, et servait d’interlocuteur à ses homologues maliens de la Sécurité d’État – ceux-là même qui le détiennent aujourd’hui – dans le cadre de la coopération sécuritaire entre le Mali et la France, qui s’était jusqu’alors maintenue, avec notamment du partage de renseignements pour la lutte antiterroriste.

Sollicités par RFI, ni le ministère français des Affaires étrangères, ni la DGSE n’ont souhaité commenter.

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