Libye: le dinar de nouveau dévalué, la mauvaise gestion pointée du doigt

La Banque centrale libyenne (BCL) a annoncé ce dimanche une nouvelle dévaluation du dinar, c’est la deuxième fois en moins d’un an. Deux gouvernements se disputent toujours le pouvoir contrôlant chacun une partie du territoire et la banque centrale, isolée, cherche des solutions pour stabiliser l’économie.
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Chaque gouvernement dépense de l’argent comme si l’autre n’existait pas. À l’est comme l’ouest du pays, il y a trop de dépenses et pas assez d’entrée d’argent. Cela crée un trou de 8 milliards de dollars entre ce que la société nationale de pétrole (NOC) a vendu et ce qu’elle a vraiment reversé dans les caisses du Trésor.
Le gouverneur de la Banque centrale libyenne appelle à un budget national unifié, mais dans un tel marasme politique, cette dévaluation du dinar n’aura aucun effet, surtout si aucune autre mesure n’est prise, estime Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye :
« Il n’y a aucune poussée politique, aucune prise en main pour résoudre des problèmes structurels. Des mesures superficielles comme une dévalorisation tous les neuf mois, cela ne va rien changer. Il y a un refus de prendre au sérieux le gouverneur de la Banque central. Il est assujetti à une énorme pression par des puissances politiques et des factions qui ignorent toutes logiques fiscales pour l’État libyen. C’est très grave. »
Selon lui, cette baisse de la valeur du dinar face au dollar n’aura aucun effet sur l’inflation. Les opérateurs économiques ne croient pas en la capacité des autorités à stabiliser la situation monétaire. Après la dévaluation d’avril 2025, le dollar avait poursuivi son ascension sur le marché parallèle.
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