Liban: les travailleurs migrants pris au piège de la guerre au Moyen-Orient

Au Liban, la guerre continue entre le Hezbollah et Israël et touche toutes les populations. L’État hébreu a lancé des opérations terrestres au sud du Liban en plus d’intensifs bombardements. Les ordres d’évacuation ont poussé près d’un habitant sur quatre à fuir. Parmi eux, une vaste majorité de Libanais bien sûr, mais aussi des travailleurs migrants, venus d’Afrique ou d’Asie. Ils sont quelque 250 000 dans le pays.
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Avec notre correspondante à Beyrouth, Sophie Guignon
Sur les grilles de l’église Saint-Joseph du quartier de Monot, du linge sèche. L’institution jésuite accueille plus de 180 travailleurs migrants, dont 70 enfants.
Le frère Michael Petro supervise leur accueil. « Malheureusement la réponse d’urgence qui existe pour les Libanais n’a pas inclus les migrants. Il n’y a pas de refuges pour les migrants, c’est pour cela qu’ils sont là », indique le directeur du service aux réfugiés des Jésuites. « Nous avons un enfant qui est en train de naître. Il y a une femme qui est arrivée enceinte dans notre refuge, elle est en ce moment à l’hôpital en train d’accoucher. Et nous attendons deux autres naissances dans les prochaines semaines. On ne sait pas combien de temps cette guerre va durer. Mais cette fois j’ai l’impression que ce sera pire. »
« Là où on habitait, tout est détruit »
Ismael Maamoun vient du Soudan, un pays aussi en guerre. Il travaillait comme cuisinier dans la région de Nabatiyeh lourdement bombardée par Israël.
« On est partis dans la nuit, on a marché pendant deux jours pour arriver ici à pied, on n’a pas de voiture. Là où on habitait, tout est détruit, et même au Soudan on ne peut pas y retourner. On pensait qu’ici ce serait mieux, mais en fait c’est de pire en pire. Je suis abattu. », dit-il dépité.
Alem Mulu est au Liban depuis 10 ans. Venue d’Éthiopie, elle espère quitter le pays. « Soit il faut nous aider, soit nous permettre de voyager dans un pays où ça va mieux, moi je veux pouvoir travailler et mettre mon enfant à l’école », souhaite-t-elle.
Pour l’heure, aucune mesure d’évacuation n’est prévue pour ces travailleurs migrants.
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