Les cyberactivistes pro-AES soutiennent le régime iranien au nom du «souverainisme»

Depuis le début de la guerre des États-Unis et d’Israël face à l’Iran, les pays de l’AES n’ont pas pris position. Le Premier ministre malien de Transition a présenté ses condoléances après la mort d’Ali Khamenei, mais sans soutenir ni condamner aucun camp. Et pour cause, l’AES a renoué avec Washington depuis plusieurs mois avec, notamment, une relance déjà amorcée sur le plan sécuritaire et dans des projets de développement. Pour autant, les soutiens des régimes militaires ont pris fait et cause pour le régime des mollahs et multiplient les publications sur les réseaux sociaux, que le Timbuktu Institute a soigneusement étudiées.
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« Les cyberactivistes proches des régimes militaires en place au Sahel essaient de transformer, même symboliquement, les drones iraniens en leçon de souveraineté, jubilant sur les failles américaines et rêvant d’un Sud global qui refuse de plier, même si les régimes militaires de l’AES (Mali-Niger-Burkina, NDLR) négocient déjà en coulisses le retour des États-Unis au Sahel. C’est une véritable contradiction », décrypte Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute à Dakar.
« L’Iran est tout de suite vu comme un modèle de résistance et de souveraineté, projetant les aspirations des pays de l’AES et alignant ainsi l’Iran aux batailles anti-occidentales, voire anti-françaises au Sahel », poursuit-il.
De nombreux observateurs et acteurs politiques, y compris aux États-Unis ou en Europe, ont soulevé l’illégalité de ces frappes, faites par le bon vouloir des États-Unis et d’Israël en dehors de toute légalité internationale.
Pour ce qui concerne les cyberactivistes pro-Alliance des États du Sahel, aucun mot à l’égard des milliers de morts iraniens victimes du régime des mollahs. Bakary Sambe le confirme : « Au contraire, il y a des formes de solidarité vis-à-vis de l’Iran, qui est considéré comme un symbole de la résistance qui devrait aussi inspirer ici, au Sahel. »
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