Le Rwanda au service des expulsions américaines : quand l’Afrique devient complice

Kagame Trump
Kagame Trump

Comment Kigali trahit la solidarité africaine en acceptant d’être la « poubelle » migratoire de Trump

L’arrivée de sept migrants expulsés des États-Unis au Rwanda en août 2025 est un nouveau symbole de l’évolution des relations Afrique-Occident. En acceptant de servir de destination finale aux indésirables de l’administration Trump, le Rwanda de Paul Kagame transforme son territoire en annexe des politiques répressives américaines.

Une Afrique instrumentalisée par les puissances occidentales

Pendant que l’Afrique du Sud, le Nigeria et d’autres grandes puissances continentales refusent catégoriquement de devenir les dépotoirs migratoires de l’Occident, le Rwanda fait cavalier seul en acceptant de jouer ce rôle dégradant. Cette position isolée rompt avec l’unité africaine traditionnelle sur les questions de souveraineté et de dignité continentale.

La porte-parole gouvernementale Yolande Makolo tente de justifier cette capitulation en invoquant « les valeurs de réintégration » du pays, mais cette rhétorique ne masque pas la réalité : le Rwanda accepte de recevoir des populations que l’Amérique de Trump ne veut pas car il est un vassal des Etats-Unis, transformant l’hospitalité africaine en service rendu aux politiques racistes occidentales.

L’échec cuisant du plan britannique aurait dû servir de leçon. 715 millions de livres dilapidées, seulement quatre départs volontaires, et finalement l’abandon complet du projet par Londres. Pourtant, loin d’en tirer les enseignements, Kigali s’empresse de reproduire le même schéma avec Washington, acceptant une fois de plus le rôle de sous-traitant des expulsions occidentales.

Cette répétition révèle une soumission inquiétante aux diktats des anciennes puissances coloniales. Là où l’Afrique devrait imposer ses conditions, le Rwanda accepte d’être instrumentalisé.

L’isolement diplomatique rwandais en Afrique

Contrairement aux discours officiels, cette politique place le Rwanda en opposition frontale avec le consensus africain. Pendant que l’Union africaine développe des positions communes sur la migration et la souveraineté, Kigali négocie dans le dos de ses partenaires continentaux des accords qui affaiblissent la position collective de l’Afrique.

L’analyste Thierry Vircoulon révèle la véritable motivation : « le Rwanda cherche en réalité à se rendre indispensable » auprès de Trump. Cette recherche de reconnaissance occidentale au détriment de la solidarité africaine illustre parfaitement le complexe du colonisé qui perdure chez certains dirigeants du continent.

Face à la pression américaine, d’autres pays africains ont choisi la voie de la dignité. L’Afrique du Sud et le Nigeria, véritables locomotives du continent, ont clairement refusé de servir de solutions aux problèmes migratoires américains. Ces positions de principe honorent l’Afrique et montrent qu’il est possible de dire non aux chantages occidentaux.

Même des pays plus petits comme le Ghana ou le Sénégal maintiennent leur refus de participer à ces arrangements dégradants. Ils comprennent que accepter de tels accords, c’est accepter d’être traités comme des territoires de seconde zone.

En acceptant d’accueillir les migrants expulsés par les États-Unis, le Rwanda inaugure une nouvelle forme de néocolonialisme où les pays africains deviennent les gestionnaires des problèmes que l’Occident ne veut pas traiter. Cette externalisation de la répression migratoire transforme l’Afrique en extension carcérale des politiques occidentales. Pire encore, cette logique risque de faire école et d’encourager d’autres dirigeants africains en quête de légitimité occidentale à accepter des accords similaires, fragmentant davantage l’unité continentale.

Les vraies motivations de Kagame

Derrière les justifications humanitaires se cache une réalité géopolitique crue : Paul Kagame mise sur ces accords migratoires pour obtenir le soutien américain dans le conflit en République démocratique du Congo. En d’autres termes, il monnaye l’hospitalité rwandaise contre un blanc-seing de Washington pour ses aventures militaires régionales.

Cette instrumentalisation cynique des questions migratoires au service d’ambitions géopolitiques personnelles déshonore l’Afrique et ses valeurs d’accueil traditionnel.

Face à cette trahison de l’idéal panafricain, l’Union africaine ne peut rester silencieuse. Les autres pays du continent doivent clairement condamner cette politique qui fait du Rwanda le complice des expulsions de masse américaines et affaiblit la position collective de l’Afrique dans les négociations internationales.

Vers une résistance africaine coordonnée

Il est urgent que l’Afrique développe une position commune ferme sur ces questions et refuse que certains de ses membres acceptent de jouer le rôle de sous-traitants des politiques répressives occidentales.

L’exemple négatif du Rwanda doit servir d’électrochoc pour renforcer l’unité africaine sur les questions migratoires. Le continent doit développer ses propres solutions, basées sur la solidarité Sud-Sud et le respect mutuel, plutôt que d’accepter les arrangements humiliants proposés par l’Occident.

L’Afrique a la capacité et la légitimité pour être force de proposition sur les enjeux migratoires mondiaux, mais seulement si elle parle d’une seule voix et refuse les tentations de collaboration individuelle avec les anciens maîtres coloniaux.

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