Le Kenya administre les premières injections d’un traitement préventif contre le VIH

Le Kenya a officiellement lancé, jeudi 26 février 2026, l’utilisation d’un nouveau traitement préventif contre le VIH, le lénacapavir, injectable deux fois par an, et considéré comme un progrès immense par rapport aux traitements nécessitant la prise quotidienne d’une pilule. Dans ce pays, la prévalence du VIH est d’environ 3,7% à l’échelle nationale mais atteint 10% dans certaines régions. Ce traitement, recommandé par l’OMS en option supplémentaire de PrEP, était donc très attendu sur place. Quinze comtés ont été sélectionnés en priorité pour la première phase.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Samson Mutua ne cache pas sa joie. Ce livreur de 27 ans est le premier à avoir reçu une injection de lénacapavir dans un hôpital du quartier populaire de Kawangware, à Nairobi. Il avait commencé à prendre la PrEP sous forme de pilule en 2017. « Avoir des rapports sexuels non protégés avec quelqu’un qui n’a pas été testé, c’est un comportement à risque, et c’est ce que je faisais, confie-t-il. J’ai donc commencé à prendre la PrEP. C’est une protection supplémentaire. Mais il m’arrivait parfois d’oublier. J’ai arrêté et repris le traitement à plusieurs reprises. Désormais, avec l’injection, je me sens très protégé, car je le suis pour six mois. »

Daisy Oside vient, elle aussi, de recevoir son injection. Comme Samson, cette Kényane de 28 ans a commencé la PrEP il y a neuf ans, après la naissance de sa fille. Mais l’adhésion au traitement n’a pas toujours été simple. Au Kenya, 41% des nouvelles infections au VIH concernent des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Daisy dénonce une stigmatisation qui persiste. « Le partenaire que j’avais à l’époque n’était pas ok avec la PrEP, déplore-t-elle. J’étais obligée de la prendre en cachette. Quand des amis venaient chez moi, il fallait se justifier. Avec le lénacapavir, c’est différent. Une fois l’injection faite, c’est dans mon corps. Je n’ai pas besoin d’en parler à qui que ce soit, sauf si je le souhaite. »

Le traitement est disponible gratuitement dans certains établissements de santé publics. Le Kenya a reçu un premier lot de 21 000 doses de lénacapavir la semaine précédente, dans le cadre d’un accord conclu avec son fabricant américain, Gilead Sciences, et le Fonds mondial de lutte contre le sida. D’autres doses sont attendues dans les prochains mois. L’Afrique du Sud, la Zambie, l’Eswatini et le Zimbabwe ont aussi déjà lancé l’utilisation de ce nouveau traitement.

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« Ce qui rend le lénacapavir différent, c’est sa simplicité »

Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a, lui, salué « un moment d’espoir pour des milliers de familles » : « Nous introduisons le lénacapavir à un moment où de nombreux jeunes continuent à faire face au risque d’infections. Environ 1,4 million de Kényans vivent avec le VIH. Chaque année, de nombreuses nouvelles infections continuent à survenir. Ce qui nous inquiète le plus, c’est qu’une part importante de ces nouvelles infections concerne les moins de 24 ans. »

Il poursuit : « Ce qui rend le lénacapavir différent, c’est sa simplicité : il n’est administré que deux fois par an. Pour beaucoup de personnes, se souvenir de prendre un traitement quotidien peut être difficile. La vie est chargée, les gens voyagent, les jeunes peuvent craindre la stigmatisation. Une injection tous les six mois réduit ce fardeau et offre une option de prévention plus discrète et facile à gérer. »

Aden Duale rappelle toutefois : « Le lénacapavir ne remplace pas les méthodes de prévention existantes, il les renforce. La prévention est la plus efficace lorsque les gens ont des choix. »

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