Le Congolais Pascal Boroto, lauréat de la 5e édition du prix littéraire Voix d’Afriques

C’est officiel depuis ce vendredi 20 mars, le prix Voix d’Afriques 2026 récompense le jeune écrivain de RDC, Pascal Boroto. Après la Côte d’Ivoire, le Congo-Brazzaville et le Cameroun, c’est la première fois qu’un auteur de la République Démocratique du Congo est lauréat de ce prix littéraire créé par RFI, les éditions JC Lattès, en partenariat avec la Cité Internationale des Arts à Paris. Âgé de 24 ans, Pascal Boroto est distingué pour son premier roman intitulé : Le nom de ma mère.
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En résidence depuis quelques jours à l’Institut français de Kinshasa où il va officiellement recevoir son trophée ce vendredi soir, Pascal Boroto avoue sa surprise et son émotion d’être le nouveau lauréat du « Prix Voix d’Afriques » auquel il a participé seulement deux semaines avant sa clôture.
Pour rappel, ce prix propose aux jeunes auteur.es de moins de 30 écrivant en français un concours d’écriture qui consiste à envoyer leur manuscrit par voie numérique sur une plateforme dédiée. Après une sélection de cinq finalistes, le jury, présidé pour la deuxième fois par l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr Prix Goncourt en 2021, a voté pour ce jeune auteur né le 14 avril 2001 à Bukavu où il vit toujours.
D’une fratrie de six enfants, économiste de formation, Pascal Boroto a toujours eu envie d’écrire et de suivre les traces de sa mère la journaliste Solange Lusiku, fondatrice d’un quotidien indépendant en RDC. Après la mort prématurée de cette dernière en 2018, son fils a décidé de lui rendre hommage dans son premier roman aujourd’hui primé Le nom de mère.
« Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. », écrit-il dans son ouvrage.
Le roman est aussi le récit du narrateur, qui après avoir intégré l’équipe du journal de sa mère, décide de partir pour Goma. Enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d’équipes de collecte de données du Fonarev, Pascal Boroto a fondé l’association Les Voix des Oubliés pour faire entendre les histoires qu’on lui a confiées.

Les éditions JC Lattès ont choisi ces quelques lignes pour présenter le roman primé : « Il est des noms qui élèvent, d’autres qui écrasent, celui que Pascal a hérité de sa mère oblige. Être son fils appelle l’engagement, le courage. Comment en être digne ? Comment porter la voix des autres, des oubliés, des déplacés, quand on cherche la sienne ?
Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule.
Initié par les éditions JC Lattès, RFI et la Cité internationale des arts, « Voix d’Afriques » est un prix littéraire destiné à faire émerger les jeunes auteures et auteurs de langue française du continent africain. Un prix pour soutenir et mettre en lumière les nouvelles voix littéraires africaines, des romans reflétant la situation d’un pays, une actualité politique, économique ou sociale ou des textes plus intimistes.



