L’Afrique du Sud face au défi des pénuries de logements abordables pour les plus pauvres

En Afrique du Sud, malgré les programmes publics mis en place depuis la fin de l’apartheid et les millions de maisons distribuées aux plus pauvres, il existe toujours une pénurie de logements abordables, en particulier dans les villes, et des quartiers informels s’étendent autour des grandes métropoles. Des réflexions sont menées pour définir quel habitat sera souhaitable demain, et à l’aide de quelles technologies, afin de répondre à l’urbanisation croissante du pays.

Publié le :




2 min Temps de lecture

Avec notre correspondante à JohannesbourgClaire Bargelès

Dans les allées de ce salon de Johannesburg consacré aux technologies de construction innovantes, chacun veut montrer qu’il peut bâtir vite, bien, et pour peu cher les logements sociaux de demain. Imran Mulla propose, par exemple, des structures en acier léger. « Nous utilisons un nouveau type de treillis métallique, sur lequel on verse du béton léger. Nos unités ont ainsi une bonne isolation thermique et une résistance au feu. Le tout est plus solide, et cela nous prend environ une semaine pour en finir une unité », explique-t-il.

Car malgré ses efforts depuis la fin de l’apartheid, l’ANC au pouvoir peine à répondre aux besoins, bien que le droit à un logement décent soit reconnu dans la Constitution comme un droit fondamental.

Des nouvelles solutions

Selon le président sud-africain, il faut donc envisager de nouvelles solutions. « Plus de 2,5 millions de familles sont, aujourd’hui, toujours sur liste d’attente. Nous devons changer nos façons de faire avec les progrès technologiques auxquels nous avons accès », affirme Cyril Ramaphosa.

L’université de Johannesburg s’est, pour sa part, lancée dans des recherches autour de la construction par imprimante 3D, une technologie expérimentée dans le monde entier ces dernières années. Stanley Okangba travaille sur le projet. « Nous avons ainsi construit deux maisons sur le campus, précise-t-il. Pour le modèle standard de 40m², cela nous a pris huit heures. Et elles sont toujours debout, quatre ans plus tard, sans avoir eu besoin de travaux de maintenance. »

Le pays doit aussi garder en tête les futures conséquences du changement climatique sur son habitat, puisque l’Afrique australe devrait voir les catastrophes naturelles, comme les inondations ou la sécheresse, se multiplier dans les prochaines années ou décennies. Mais au-delà des nouvelles technologies, les anciennes techniques de construction peuvent aussi se révéler très intéressantes.

La plupart du temps, la conversation se concentre sur les nouveaux matériaux, mais nous possédons beaucoup de savoirs traditionnels et de matériaux qu’on utilisait par le passé dans le pays, qui étaient très intéressants pour s’adapter au climat local et on ne s’en sert plus désormais.

Bakang Moeng, du Green Building Council

Claire Bargelès

Selon les estimations, huit Sud-Africains sur dix vivront en ville d’ici 2050, en raison de l’urbanisation croissante du pays.

À lire aussiEn Afrique du sud, un syndicat de travailleurs voit le jour pour défendre les personnels de maison

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close