La vie rêvée d’Hervé Renard, de la plus grosse surprise de l’histoire de la CAN à l’Arabie saoudite

Sélectionneur de l’Arabie saoudite, Hervé Renard raconte son parcours singulier dans Moi, le foot, l’Afrique. Après une carrière « ratée » de joueur et des boulots alimentaires, il s’est fait connaître sur le sol africain avec la victoire de la Zambie à la CAN 2012, avant l’exposition internationale à la Coupe du monde au Qatar en 2022 avec les Saoudiens.
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Raconter son histoire, Hervé Renard trouvait l’idée prématurée. « D’ailleurs, ça va intéresser qui ? », lâche-t-il d’emblée au bout du fil depuis son domicile de Riyad, en Arabie saoudite. Mais son ami d’enfance et co-auteur Edward Jay l’a convaincu de raconter son parcours atypique.
L’entraîneur français de 57 ans a bousculé les codes pour se faire une place parmi les techniciens du ballon rond. Il a remporté deux Coupes d’Afrique des Nations, avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015.
Celui qui se décrit comme « un citoyen du monde » a aussi marqué les esprits lors du Mondial 2022 au Qatar, alors qu’il était aux manettes de l’équipe saoudienne, avec une victoire face à l’Argentine de Lionel Messi. Un séisme qui a rendu fou de joie le royaume.

Une carrière sans succès de footballeur
Pourtant, tout n’a pas toujours été rose pour Hervé Renard qui avoue avoir « toujours eu besoin d’aller chercher des challenges » sans jamais avoir peur de sortir de sa « zone de confort ». À travers plusieurs pages, il s’épanche sur son enfance savoyarde, son éducation avec une mère qui cumule deux emplois et à qui il rend un vibrant hommage.
Après une carrière sans succès de footballeur, il en rigole désormais, Hervé Renard s’est beaucoup cogné aux portes avant de se faire un nom.
Son amour des voyages et des rencontres, il le doit à son mentor, un certain Claude Le Roy, figure du football sur le continent africain. Hervé Renard a commencé comme coach durant trois saisons à Draguignan. Et c’est la gorge serrée qu’il évoque cette rencontre qui a changé sa vie : « C’est grâce à lui que je suis parti en Asie (Chine, Cambodge et Vietnam, NDLR) avant de devenir son adjoint au Ghana. Jamais je n’avais imaginé entraîner sur ces deux continents. » Sa relation avec Claude Le Roy est presque indescriptible à ses yeux. « Il m’a métamorphosé. C’est quelqu’un de passionné et j’ai eu la chance de le rencontrer, j’ai été béni des dieux. Il a transformé ma vie », souligne-t-il avec pudeur.
C’est avec le titre de champion d’Afrique en poche avec la Zambie, en 2012, qu’Hervé Renard s’est fait une « petite carte de visite » comme il le dit. « J’ai eu plus d’offres ensuite. Je crois que c’est le destin », constate-t-il, tout en précisant qu’il a « toujours mis les mains dans le cambouis ». Celui qui a récidivé en 2015 avec la Côte d’Ivoire a aussi vécu de belles heures avec le Maroc.
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Peu reconnu en France
Célébré sur le continent africain mais souvent laissé de côté par les clubs français, son passage en Ligue 1 à Lille reste une « cicatrice ». Il avait rejoint le nord de l’Hexagone à l’été 2015 avant d’être limogé au mois de novembre.
À Sochaux, il n’a pas réussi à maintenir le club dans l’élite pour une 67e saison. Venir jouer les pompiers de service, il ne le fera plus. « Peu de monde a reconnu mon travail et sincèrement, avec Sochaux, on a fait un boulot énorme. On n’a regardé que le tableau d’affichage, mais le foot ce n’est pas que cela », plaide-t-il. Avec les Bleues, il a vécu une élimination en quart de finale des Jeux olympiques de Paris 2024, lui qui visait au minimum une demi-finale.
Alors que le Mondial 2026 arrive à grands pas, Hervé Renard espère faire encore mieux qu’au Qatar aux commandes de la sélection saoudienne, avec un deuxième tour après la phase de poules. Et l’avenir ? S’il ne se voit pas revenir en France après l’Arabie saoudite, envisage-t-il un retour en Afrique ? « Pourquoi pas », sourit celui qui dit toujours « garder les pieds sur terre ».
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