La RDC cherche à restreindre davantage l’usage de réseaux sociaux au nom de la «stabilité sociale»

Les réseaux sociaux sous haute surveillance en République démocratique du Congo (RDC), depuis que le président Félix Tshisekedi a mis en garde contre leurs dérives. Lors du dernier Conseil des ministres, le dirigeant a dénoncé la montée de la désinformation, des discours de haine et des manipulations de l’opinion, qu’il estime menaçantes pour la sûreté. Il a instruit plusieurs membres du gouvernement de renforcer l’encadrement du numérique. Mais cette annonce suscite déjà des critiques dans la société civile.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Félix Tshisekedi dit vouloir « promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux ».

Devant son gouvernement réuni en conseil des ministres, il a affirmé que les réseaux sociaux constituent de plus en plus « des vecteurs de désinformation, d’injures publiques, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais ». Ceux-ci, selon lui, portent ainsi atteinte à la « cohésion nationale, l’ordre public et à la stabilité sociale ».

Et ce alors que la RDC s’est dotée depuis trois ans d’un code numérique, rappelle le président. Le texte, qui prévoit des mécanismes de prévention, de régulation et de répression, est « insuffisamment vulgarisé et appliqué », selon le chef de l’État.

La position de Félix Tshisekedi étonne une source judiciaire hautement placée. Cette dernière rappelle que plusieurs opposants, activistes et autres catégories ont été interpellés et jugés ces deux dernières années sur base des infractions prévues dans ce code.

 Ces propos présidentiels sont vivement critiqués par le mouvement citoyen Filimbi, qui dénonce « une menace contre la démocratie » et une tentative de restreindre davantage les libertés dans un environnement qu’il juge déjà « restreint et répressif ».

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