Kényans enrôlés de force dans l'armée russe: le chef de la diplomatie kényane va se rendre à Moscou

Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a annoncé mardi 10 février qu’il se rendrait à Moscou au mois de mars pour évoquer la question de l’enrôlement de force de plusieurs dizaines de ressortissants kenyans dans l’armée russe en vue de combattre en Ukraine. Jugeant la méthode « inacceptable et clandestine », celui-ci entend toutefois se rendre en Russie dans un état d’esprit constructif.
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Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix
Musalia Mudavadi, le ministre kényan des Affaires étrangères, l’a annoncé en personne ce mardi 10 février : il se rendra en Russie au mois de mars pour évoquer la question des Kényans enrôlés de force dans l’armée russe pour combattre en Ukraine. Selon les estimations de Nairobi, ils seraient environ 200 dans ce cas là, partis dans le pays sur la promesse d’un emploi qui s’est transformé en un contrat avec les forces armées russes.
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Qualifiant cette méthode d’« inacceptable et clandestine », le chef de la diplomatie kenyane entend toutefois se rendre à Moscou dans un état d’esprit constructif. « Tout cela, à mes yeux, représente un épisode malheureux dans les relations cordiales et positives que nos deux pays entretiennent […] depuis l’indépendance » a-t-il confié à la BBC. Les discussions porteront sur la lutte contre les pratiques illégales de recrutement, mais aussi sur la question des visas et des accords bilatéraux sur l’emploi excluant la conscription militaire.
Au Kenya, les autorités assurent avoir fermement pris en main cette question et expliquent avoir déjà rapatrié de Russie 27 de leurs ressortissants qui bénéficient désormais d’une aide psychologique. Plus de 600 agences de recrutement aux pratiques douteuses ont par ailleurs été fermées, ce que met en doute le responsable communautaire de la ville de Gatundu, dans le comté de Kiambu, au nord de Nairobi. Alors qu’il essaie de rapatrier une dizaine de jeunes coincés en Russie, notamment à Novgorod, Micheal Kariuki confie à RFI que « tous ont été employés par la même agence » et que « les réseaux de recrutement sont toujours actifs ».
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