Jawhar: quand la délicatesse et l'allégresse s'invitent au menu d'un moment suspendu

Direction Marseille, dans le sud de la France, où se tenait du 19 au 22 mars 2026 le Babel Musix XP. Un festival qui a réuni 2 000 professionnels de la musique, artistes, producteurs et managers du monde entier. Tête-à-tête avec Jawhar, brillant artiste tunisien.

Prendre le temps de trouver les mots justes : un art devenu bien rare dans notre monde surexcité. Jawhar Basti a grandi à Radès, à l’est de Tunis. Une ville qu’il a petit à petit apprivoisée, qui lui a donné son amour pour les mots bien choisis : « Radès, c’est vraiment une ville très mélangée avec des quartiers populaires et d’autres plus chics. Et voilà, j’ai dû trouver mon chemin, donc apprendre aussi à jouer des personnages. Peut-être que c’est ça que j’ai gardé de ces milieux différents : c’est de raconter des histoires, c’est le conte »  

Bercé au son des grands classiques de la musique arabe par ses parents professeurs, Jawhar est aussi ancré dans la musique populaire, notamment les chansons de Cheb Hasni. « Pour moi, la chanson  »Baïda mon amour », c’est le souvenir des premières ivresses avec des amis dans la rue. Ce sont des souvenirs ineffaçables, les premiers frissons. »  

Talent pur, Jahwar nous donne une autre leçon. Celle de faire des choix, de les concrétiser. Comme celui de commencer la musique lorsqu’il a 20 ans, à son arrivée en France pour suivre ses études : « Je n’étais pas musicien, je ne faisais pas de musique quand j’étais petit. Donc j’ai décidé de commencer la musique, mais vraiment pour moi. J’ai acheté une guitare. C’était une évidence en fait, il y avait quelque chose qui criait en moi, qui avait envie de sortir. Donc je me suis lancé dedans corps et âme. »

Toujours avec une grande délicatesse et une vision acérée, Jawhar chante la vie, pense sans cesse aux opprimés, notamment du Moyen-Orient, et nous rappelle également que l’espoir existe, lorsque l’on décide de lui donner du sens. L’artiste conclut : « C’est l’amour que l’on peut avoir pour quelqu’un de manière inconditionnelle et c’est aussi la capacité de transcender tout cela avec l’art. Cela me maintient vraiment en vie, dans le sens où je garde l’envie de vivre. »

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